Les cinq candidats à l’investiture LR pour la présidentielle se sont retrouvés samedi devant le Conseil national des Républicains, sorte de parlement du parti, pour y défendre leur programme à dix jours du congrès qui désignera leur candidat.

Sur la scène du Palais des congrès d’Issy-les-Moulineaux, Michel Barnier, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Philippe Juvin et Eric Ciotti se sont prêtés à une photo de famille avant de présenter leur programme.

S’ils s’étaient déjà succédé aux journées parlementaires de Nîmes début septembre, ce grand oral est “le seul moment où tous les candidats sont réunis pour répondre directement à ceux qui feront leur campagne ensuite”, a souligné la numéro 2 du parti, Annie Genevard.

Un exercice “très différent mais tout à fait complémentaire” des débats télévisés, qui ont surtout privilégié le régalien et le pouvoir d’achat jusqu’à présent. “Quel dommage de ne pas parler des questions de santé, de culture, ou d’éducation”, a ajouté Mme Genevard à la veille du troisième débat sur Cnews.

“On en parle beaucoup car ce sont les sujets les plus graves”, “préalables” à une sécurité retrouvéee permettant “d’engager très vite la reconstruction sur les autres sujets” tels que travail, éducation, santé ou retraites, a affirmé Michel Barnier, premier à passer sur le gril.

Ton posé, débit mesuré derrière son pupitre, celui qui promet le “sérieux” et a longtemps été donné comme le favori de ce congrès s’est engagé à tenir un “cap clair” autour de trois grandes priorités: “électrochoc d’autorité”, coup d’arrêt à l’immigration, et sérieux budgétaire.

– Macron “le fossoyeur” –

Fustigeant une “gestion solitaire du pouvoir, arrogante, parfois méprisante” d’Emmanuel Macron, il a promis de ne faire qu'”un seul mandat” dans un discours truffé de références à Laurent Wauquiez.

Xavier Bertrand, qui lui a succédé sur un mode pugnace et énergique, a fustigé “le fossoyeur” Emmanuel Macron et “les vautours” de l’extrême droite.

Délaissant rapidement le pupitre pour arpenter le podium, à la manière “stand-up” qu’il privilégie en réunion publique, celui qui vient de reprendre sa carte chez LR – il avait quitté le parti en 2017 – a martelé sa fidélité à sa “famille politique” dont “se joue la survie” en 2022.

Répétant que “le rétablissement de l’autorité est un préalable à une société plus simple, libérée”, il a déroulé sous des applaudissements fournis les trois piliers de son programme: autorité, territoires et travail. “Si je gagne ce congrès, je gagnerai cette élection présidentielle”, a assuré Xavier Bertrand, qui devance légèrement ses rivaux dans les sondages.

Valérie Pécresse, intervenant après le déjeuner, s’est dite “totalement, entièrement, viscéralement déterminée”, dans un discours très critique envers Emmanuel Macronn qui a “cramé la caisse” et “fait un hold-up sur nos idées”.

Combative, arpentant elle aussi la scène, elle a mis en avant son expérience à la tête de l’Ile-de-France “face aux adversaires de la République” et assuré que “nous ne sommes condamnés ni au grand déclassement, ni au grand remplacement”.

Pour “restaurer la fierté française” elle a déroulé un programme d’ordre où “l’immigration actuelle doit être stoppée”. Dans un discours salué de “Valérie, Valérie!”, elle a aussi promis que ses deux grandes causes seraient “la lutte contre la désertification médicale” et “contre le décrochage scolaire”.





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