par Andrei Martyanov.

L’accident est clairement une source d’embarras pour la marine, sans compter les éventuelles retombées en termes d’intelligence.

Qu’est-ce que ce vaisseau foutait là de toute façon ?

À propos de cette collision.

Comme le rapporte RT, les conclusions de la marine américaine concernant l’USS Connecticut (SSN-22, classe Seawolf) se résument à un malencontreux accident de navigation.

La marine américaine a relevé de leurs fonctions le capitaine, le commandant en second et le technicien en chef du sonar de l’USS Connecticut, le sous-marin d’attaque à propulsion nucléaire qui a heurté une montagne sous-marine dans la mer de Chine méridionale le mois dernier.

Le capitaine de frégate Cameron Aljilani, le capitaine de corvette Patrick Cashin et le chef technicien sonar Cory Rodgers ont été relevés de leur commandement « en raison d’une perte de confiance », a déclaré la marine jeudi. Le vice-amiral Karl Thomas, commandant de la 7e flotte, a déterminé qu’ »un jugement judicieux, une prise de décision prudente et le respect des procédures requises en matière de planification de la navigation, d’exécution des équipes de quart et de gestion des risques auraient pu empêcher l’incident. »

En ce qui concerne les mesures disciplinaires, elles étaient tout à fait prévisibles, puisque le manuel des navires soviétiques/russes (qui sera bientôt remplacé par un nouveau) stipule que le commandant est responsable du navire et de tout ce qui s’y passe. Je suis sûr que la même approche existe dans la marine américaine. Vous avez cassé le navire – vous perdez votre commandement dans la plupart des cas. Il y a bien sûr quelques (rares) exceptions à cette règle.

Le sous-marin d’attaque rapide SSN-22 de la classe Seawolf se trouvait dans la mer de Chine méridionale le 2 octobre lorsqu’il a heurté un « objet » et a dû retourner à Guam pour évaluer les dégâts. L’objet s’est révélé être une « montagne sous-marine », selon l’Institut naval américain. Plusieurs membres de l’équipage du Connecticut ont été blessés lors de la collision, mais aucune des blessures n’a mis leur vie en danger. Le réacteur nucléaire du sous-marin n’a pas été touché. Le bateau restera à Guam jusqu’à ce que l’évaluation des dommages soit terminée, après quoi il naviguera vers les chantiers navals de Bremerton, dans l’État de Washington, pour y être réparé, a indiqué la marine.

L’USS Connecticut est un sous-marin de 22 ans (il a été mis en service en 1998), ce qui signifie qu’il dispose d’un complexe de navigation et d’un système de contrôle informationnel de combat à la pointe de la technologie, conçus pour fournir un haut niveau de perception de la situation. À moins que l’on ne doute (je ne vois pas beaucoup de raisons d’en douter) que le Connecticut a effectivement heurté l’élément non répertorié ( montagne sous-marine) comme l’indique le communiqué de presse de la 7e Flotte, la faute en incombe inévitablement :

1. Au service océanographique de la marine, alias NAVOCEANO, qui soit n’a pas cartographié cette montagne sous-marine (pourquoi ? c’est une autre histoire), soit n’a pas émis d’avertissement approprié pour la navigation dans cette zone ;

2. Évidemment, à l’organisation du quart et aux compétences tactiques et de navigation de l’équipe responsable de la sécurité du navire (sous-marin) en mer.

Je ne connais pas tous les faits, mais si l’on considère les capacités des complexes de navigation modernes (qu’ils soient américains ou russes, britanniques, je suppose aussi) à fournir une navigation à l’estime extrêmement précise (sa fiabilité est très élevée) sur de très longues périodes de temps, y compris lors de manœuvres actives à différentes vitesses, il apparaît, d’après ce que je sais (qui est loin de représenter tous les faits), que le service de navigation à bord du Connecticut n’était pas le mieux organisé, pour ne pas dire plus. De plus, il ne faut pas négliger les décisions du commandant. Mais le Connecticut n’est pas le premier sous-marin ou navire américain qui a heurté un obstacle (mont sous-marin) au cours des dernières années. Il est établi que la marine américaine a effectivement mis en veilleuse la formation à la navigation de ses équipages. Tout cela est consigné.

En d’autres termes, les problèmes de navigation dans la marine américaine ne sont pas nouveaux. Toutes les marines sérieuses du monde ont leur lot d’incidents de navigation, mais les problèmes de la marine américaine en matière de compétences humaines et de sécurité de la navigation semblent persister. Je sais ce que l’on ressent lorsqu’on dispose d’une technologie avancée (je connais très bien ce sentiment), mais les compétences de base, éprouvées par le temps, des navigateurs et l’interaction de l’officier de quart avec le commandant et le navigateur sont d’une importance cruciale, en particulier lorsqu’on fait route sous l’eau. Et surtout dans la zone où tout incident peut entraîner une conflagration. La technologie n’est efficace que si les personnes qui l’utilisent le sont aussi. L’affaire du Connecticut pourrait-elle être un cas de fatigue, comme le NTSB l’a conclu pour le USS Fitzgerald ? Possible. Le Komsomolets suédois l’a certainement été. Je vais vous donner un indice : seuls les officiers de navigation expérimentés devraient se trouver à proximité du complexe de navigation lorsque le sous-marin est en plongée. Cette règle a-t-elle été suivie par le commandant du Connecticut ? Nous ne le saurons peut-être jamais, mais au bout du compte, c’est toujours le commandant qui est responsable.

Traduit par Avic pour Réseau International

Source : https://www.greanvillepost.com/2021/11/06/leading-military-analyst-andrei-martyanov-comments-on-us-nuclear-sub-collision-in-south-china-sea/



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