Le G20 qui s’est tenu à Rome du 30 au 31 octobre 2021 a abouti à de nombreux accords internationaux sur le climat, les vaccins, les droits de douanes ou les taxations financières.

Au cours du sommet du G20 de Rome qui s’achève, les représentants des vingt pays les plus riches de la planète ont réussi à s’entendre afin d’entériner plusieurs accords sur les droits de douane, les taxations financières ou bien encore la question climatique.

En marge du somment, L’UE et les Etats-Unis sont également parvenus à un accord sur l’acier et l’aluminium, salué par Ursula von der Leyen comme Joe Biden. Ce dernier s’est ainsi félicité que «les Etats-Unis et l’Union européenne entrent dans une nouvelle ère de coopération transatlantique».

L’accord symboliserait d’après lui «de ce que les Etats-Unis peuvent faire en travaillant avec leurs amis». Même son de cloche du côté de la Commission européenne, qui croit avoir «restauré la confiance et la communication» selon les propos d’Ursula von der Leyen qui faisaient référence à la présidence de Donald Trump marquée par des relations transatlantiques plutôt tendues.

Le G20 souhaite atteindre la neutralité carbone pour «le milieu du siècle»

Des annonces importantes ont été formulées au sujet des enjeux climatiques à l’approche de la COP26 de Glasgow. Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a notamment tweeté sa résolution sur ce sujet en ces termes : «L’action climatique ne peut être retardée. Avec nos partenaires, on doit affronter cette crise mondiale de toute urgence et avec ambition. C’est l’objectif du G20 aujourd’hui.» Les pays du G20 représentent ainsi près de 80% des émissions polluantes mondiales.

Le président de la République italienne, Sergio Mattarella, s’était également montré très grave la veille au soir lors du dîner des dirigeants du G20 : «Les yeux de milliards de personnes, de peuples entiers, sont braqués sur nous et sur les résultats que nous pouvons obtenir.»

La neutralité carbone d’ici «le milieu du siècle» selon la formule consacrée dans le document final est ainsi l’ambition affichée par le G20, sans que cet horizon ne soit aussi précis que l’aurait voulu la présidence italienne. Cette dernière désirait en effet inscrire l’année 2050 comme échéance. Toutefois, celle retenue se voudrait «tout à fait [significative], considérant la diversité des pays qui participent au G20», selon la présidence française. La COP26 a ainsi été jugée comme «le dernier et le meilleur espoir» limiter le réchauffement de la planète à +1,5°C.

«Certains nous demandent pourquoi nous changeons nos objectifs de 2 degrés à 1,5 degré. Pourquoi ? Parce que c’est ce que dit la science», a déclaré Mario Draghi à ses homologues le 31 octobre au matin. «Nous devons écouter les avertissements de la communauté scientifique : répondre à la crise climatique cette décennie», a-t-il souligné. Le Parlement européen a d’ores et déjà validé cet objectif de neutralité carbone d’ici 2050, selon l’AFP.

Les pays du G20 se sont entendus pour arrêter cette année de subventionner de nouvelles projets de centrales électriques au charbon à l’étranger, selon un projet de communiqué final consulté par l’AFP.

Pour la première fois, le G20 s’accorde sur une aider à verser aux pays en voie de développement

Le G20 s’est aussi engagé à reverser aux pays en voie de développement 100 milliards de dollars sur le montant global de 650 milliards de dollars de droits de tirage spéciaux (DTS) émis par le Fonds monétaire international (FMI) pour affronter la crise causée par la pandémie, selon l’AFP.

«Nous nous félicitons des récentes promesses de dons d’une valeur d’environ 45 milliards de dollars comme une étape vers une ambition mondiale totale de 100 milliards de dollars de contributions volontaires pour les pays les plus dans le besoin », ont annoncé les dirigeants.

C’est la première fois que les pays du G20 s’accordent sur une aide à fournir aux pays en voie de développement, à l’instar du G7. Toutefois, la répartition des aides n’est pas indexée sur le niveau de pauvreté mais sur des quote-part de chaque pays au FMI. Le continent africain ne bénéficierait ainsi que de 34 milliards de dollars.

Une réforme fiscale de grande ampleur convenue par les pays du G20

Les chefs d’Etat et de gouvernement du G20 ont également approuvé le 30 octobre un accord sur une réforme de la taxation internationale, qui prévoirait de mettre fin aux paradis fiscaux en instaurant un impôt mondial minimal de 15% sur les bénéfices des multinationales.

«Aujourd’hui, tous les chefs d’Etat du G20 ont approuvé un accord historique sur de nouvelles règles fiscales internationales, incluant une taxe minimum mondiale, qui mettra un terme à la course au moins-disant en matière d’imposition des sociétés», a annoncé la secrétaire d’Etat américaine au Trésor Janet Yellen dans un communiqué.

Cette réforme fiscale de grande ampleur a pour ambition d’empêcher les multinationales, en particulier les GAFAM, de payer des impôts dérisoires eu égard à leurs bénéfices importants. Un taux d’impôt effectif d’au moins 15% sur leurs bénéfices est ainsi prévu, et un Etat pourra taxer les profits étrangers d’une de ses entreprises nationales qui serait imposée ailleurs dans le monde, à un taux inférieur.

Volonté d’améliorer la vaccination pour lutter contre la pandémie

«Pour contribuer à atteindre les objectifs mondiaux de vacciner au moins 40% de la population dans tous les pays d’ici fin 2021 et 70% d’ici mi-2022», comme le recommande l’OMS, les pays du G20 s’engagent à prendre des «mesures pour aider à renforcer la fourniture de vaccins et de produits médicaux de base dans les pays en développement».

Dans ce but, le G20 promet d’«éviter les restrictions aux exportations et à accroître la transparence et la visibilité dans la livraison des vaccins».

Le chef d’Etat russe a prôné de son côté notamment une reconnaissance mutuelle des vaccins contre le Covid-19 et des règles communes dans la lutte contre le changement climatique. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov est revenu lui lors d’un point presse à Rome sur la rupture des liens entre son pays et l’Otan.

Le sommet a été également l’occasion pour Emmanuel Macron de rencontrer Joe Biden après la crise dans les relations franco-américaines au  sujet de l’affaire des sous-marins. Il a pu également échanger avec Boris Johnson au sujet des tensions franco-britanniques autour des licences de pêche. Si Boris Johnson a joué le jeu de l’apaisement de son homologue étasunien affirmant ne pas avoir voulu s’ingérer dans les tractations entre Paris et Canberra, il  a fermement campé sur ses positions concernant les licences de pêche.





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