JPEG - 168.6 ko

Image extraite du livre « Quand le manga réinvente les grands classiques de la peinture », Mana Books, Paris, 2018

© Enpitsu Club, Sideranch Inc., Tokyo

On se doutait qu’ils n’allaient peut-être pas tous se précipiter sur les volumes de la Pléiade, mais personne ne pensait que la ruée vers les mangas prendrait cette ampleur. Le « passe culture », ce chèque de 300 euros offert par le ministère de la culture à tous les jeunes de 18 ans, est devenu un « passe manga », venant gonfler encore des ventes en pleine expansion. Ce que consacre la Japan Expo, la grande vitrine annuelle de la culture populaire japonaise, qui fera une très large place au genre dans son édition du 14 au 17 juillet 2022, au parc des expositions de Paris-Nord Villepinte.

Les fans ont pourtant souvent plus de 18 ans. Apparu au Japon au XVIIIe siècle, le manga perce en France en 1996 avec Astroboy, d’Osamu Tezuka, dont le premier volume, paru au Japon dans les années 1950, est publié chez Glénat. Il y en aura douze. Les aventures d’un petit robot dans un monde où ses semblables coexistent avec les humains se vendront à cent millions de volumes dans le monde. Les mangas s’installent dans le paysage avec un succès croissant, succès préparé par celui des dessins animés qui en sont adaptés, diffusés dans des émissions pour enfants comme le « Club Dorothée ». Dès 1978, Goldorak, le robot extraterrestre, fait fureur ; puis viendront Princesse Sarah, d’après un roman qui se déroule dans une Londres victorienne, et enfin, de 1988 à 1996, Dragon Ball

Avec un mépris comparable à celui de leurs propres parents pour le rock et de leurs grands-parents pour la bande dessinée, les baby-boomeurs n’ont longtemps vu dans les mangas que des suites de dessins laids, violents, aux personnages aux grands yeux écarquillés, passant généralement leur temps à se battre en hurlant, le tout se lisant de surcroît dans le mauvais sens… « Il y a un gros phénomène générationnel dans le succès du manga, explique M. Gilles Mure-Ravaud, créateur du festival Cherisy Manga, dans l’Eure-et-Loir. Les gens de mon âge ont grandi avec cela, lisant les mêmes albums et regardant (…)

Taille de l’article complet : 2 065 mots.



-source-

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *