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par Olivier Renault.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, pourrait expulser les ambassadeurs des pays de l’UE et des États-Unis. Il a annoncé samedi 23 octobre 2021 avoir ordonné l’expulsion de dix ambassadeurs. Les pays concernés sont : le Canada, la France, la Finlande, le Danemark, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, la Suède et les États-Unis. La Turquie, membre de l’OTAN, devient un électron trop libre pour l’Alliance, mais semble surtout outrepasser ses possibilités en étant loin d’avoir la capacité de ses ambitions. L’Occident profite de ce dossier pour cibler le président turc.

« J’ai donné l’ordre nécessaire à notre ministre des Affaires étrangères, ces dix ambassadeurs doivent être déclarés personæ non gratæ le plus vite possible », a ainsi lancé Recep Tayyip Erdogan, devant des sympathisants, à Eskisehir, le 23 octobre, rapporte Zone Militaire. « Ils vont apprendre à connaître la Turquie », a-t-il insisté. Ainsi, une crise politique aiguë se profile dans les relations entre la Turquie et l’Occident. Les experts pensent que le président turc n’ira, cependant, pas loin face à ses alliés. Toutefois, sa démarche ne restera guère sans laisser de trace. En effet, comment l’OTAN peut faire confiance à un tel allié dans son organisation ?

La raison. Les chefs occidentaux de ces missions diplomatiques ont publié, par exemple pour les États-Unis, lundi 18 octobre 2021 (pour l’Ambassade de France avec dernière modification le 20 octobre 2021) une déclaration commune pour la défense de l’opposant Osman Kavala, un défenseur des droits de l’Homme et homme politique de l’opposition tout en étant un homme d’affaires turc qui a été jugé pour implication dans une tentative de coup d’État en 2016. Il est accusé par le pouvoir en place de vouloir déstabiliser la Turquie.

Osman Kavala, précise L’Express, « figure de la société civile, qui a toujours nié les charges pesant contre lui, comparaîtra de nouveau le 26 novembre » 2021. « À deux ans de l’élection présidentielle », continue l’hebdomadaire français, « il dit être utilisé à des fins politiques par le régime » comme rapporté par l’AFP dans un entretien organisé via son avocat : « Pour moi, la vraie raison de ma détention prolongée répond au besoin du gouvernement d’entretenir la fiction d’un complot étranger derrière les manifestations de Gezi ». Osman Kavala est en détention depuis plus de quatre ans sans verdict, mais avec des accusations en constante évolution pour « tentatives de coup d’État ». La Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH) avait déjà demandé la libération de Kavala en 2019, rappelle Die Zeit.

20 Minutes, citant une tirade de  Recep Tayyip Erdogan durant une réunion publique, explique que le président turc voit un lien étroit entre Osman Kavala et George Soros : « Du matin au soir ils (les diplomates) répètent : Kavala, Kavala… Mais celui dont vous parlez, Kavala, c’est l’agent de Soros en Turquie ». « Les représentants de sept alliés de l’OTAN sont censés disparaître, outre l’Allemagne, entre autres, les ambassadeurs de France et des États-Unis », souligne Die Zeit. Pour Wolfgang Ischinger, président de la Conférence de Munich sur la Sécurité, l’expulsion des diplomates serait un affront politique qui ne doit pas rester sans réaction. Il a déjà exigé que les Etats de l’UE fassent preuve de solidarité et, de leur côté, expulsent les ambassadeurs turcs.

La question d’une escalade reste ouverte. En tout cas, ce différend va encore aggraver les rapports entre l’Occident et la Turquie. La Turquie, qui est toujours candidate à l’adhésion à l’UE, montre un tableau dévastateur de l’État de droit qui y règne aux yeux de l’UE bloquant ainsi son élargissement à l’union douanière avec l’UE et à celui d’un éventuel régime d’exemption de visa pour les Turcs. En outre, les tentions entre les États-Unis et la Turquie sont fortes. La Turquie a été exclue de l’achat d’avions de chasse américains F-35 en raison de l’achat de missiles anti-aériens russes S-400.

Comme Die Zeit l’indique, une cour d’appel de New York a admis les charges retenues contre la banque publique turque Halkbank. Cette dernière aurait, à travers ses affaires, contourné les sanctions contre l’Iran. En cas de condamnation, il n’y a pas seulement un risque d’avoir une amende de plusieurs milliards. En effet, si la Halkbank agissait avec l’aide et le soutien du gouvernement turc, des sanctions pourraient s’appliquer contre celui-ci aussi.

Et, malgré ses menaces proférés, Recep Tayyip Erdogan, ne peut pas se permettre une escalade du conflit avec l’Occident, surtout sur le plan économique. L’économie de son pays est en crise après des années de croissance. Cela est notamment dû à la faiblesse de la livre turque que le président semble accepter consciemment.

Les accusations des pays occidentaux concernant « une ombre sur le respect de la démocratie, de l’état de droit et de la transparence dans le système judiciaire turc », peuvent, cependant, aussi bien être utilisées par Ankara contre ces pays, car la question des droits de l’Homme en UE ou aux États-Unis comme en Australie et en Nouvelle-Zélande semble bien être profondément violée, notamment dans le cadre des lois sanitaires liées à la pandémie de la Covid-19. La première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern a, par exemple, reconnu que les politiques liées à la Covid-19 créeront un système [social] à deux niveaux où les citoyens non vaccinés ne bénéficient pas des mêmes droits que les citoyens vaccinés.

Olivier Renault

source : http://www.observateurcontinental.fr



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