Les Taliban afghans ont rencontré pour la première fois le 12 octobre une délégation conjointe des Etats-Unis et de l’Union européenne à Doha (Qatar). Le même jour, l’UE a promis de fournir une aide humanitaire d’un milliard d’euros à l’Afghanistan.

Les Taliban afghans ont rencontré le 12 octobre une délégation conjointe des Etats-Unis et de l’Union européenne à Doha (Qatar). Le même jour, l’UE a promis, lors du sommet virtuel du G20 organisé par l’Italie, de fournir une aide humanitaire d’un milliard d’euros à l’Afghanistan, où les Taliban ont pris le pouvoir le 15 août. Confrontés à la paralysie de l’économie et l’imminence d’une grave crise humanitaire, les Taliban cherchent à obtenir un soutien international.

Les pourparlers directs à Doha entre représentants des Taliban, de l’UE et des Etats-Unis ont été facilités par le Qatar. Ils devraient «permettre aux Etats-Unis et aux Européens d’aborder des problèmes» tels que la liberté de déplacement pour les personnes désirant quitter l’Afghanistan, l’accès à l’aide humanitaire et les droits des femmes, selon la porte-parole de l’UE, Nabila Massrali.

A l’ouverture du sommet du G20, l’UE a promis un milliard d’euros, dont une partie est destinée aux besoins humanitaires urgents et aux voisins de l’Afghanistan qui avaient accueilli les Afghans fuyant les Taliban. «Une aide spécialisée pour les vaccinations, l’hébergement, ainsi que la protection des civils et des droits humains» est également prévue, a-t-elle précisé.«Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour éviter un effondrement humanitaire et socio-économique majeur en Afghanistan», a lâché la présidente de la Commission européenne Ursula Von Der Leyen.

L’UE dit vouloir éviter un «effondrement» de l’Afghanistan

Les dirigeants du G20 ont réaffirmé leur promesse d’apporter de l’aide humanitaire à Kaboul, tout en rappelant qu’ils restaient «extrêmement concentrés» sur la lutte contre le terrorisme, a indiqué la Maison Blanche. Le chef du Conseil italien, Mario Draghi, a souligné que le G20 envisageait «un mandat général» à l’ONU afin de superviser la réponse internationale aux problèmes socio-économiques de l’Afghanistan. Mais selon lui, il est encore «trop tôt» pour une reconnaissance des Taliban bien qu’une «sorte d’implication» de leur part serait nécessaire pour fournir l’aide à leur pays. La France s’est montrée «inquiète de l’isolement économique du pays» et des «600 000 déplacés», des facteurs pouvant avoir un «effet déstabilisateur».

En amont des discussions de Doha, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a affirmé que l’UE cherchait avant tout à prévenir un «effondrement» de l’Afghanistan. Le 9 octobre à Doha, les Taliban ont rencontré des responsables américains, premier face à face depuis la prise du pouvoir à Kaboul. Leur chef de la diplomatie, Amir Khan Muttaqi, a ensuite appelé les Etats-Unis à établir de «bonnes relations» et à ne pas «affaiblir l’actuel gouvernement afghan».

Les Etats-Unis ont envahi l’Afghanistan en 2001 et fait chuter les Taliban, en réponse aux attentats du 11 Septembre planifiés par le réseau djihadiste Al-Qaïda depuis l’Afghanistan. Les troupes américaines se sont retirées fin août. La prise de pouvoir par les Taliban a entraîné l’évacuation d’Afghanistan de plus de 100 000 personnes qui redoutaient des exactions ou des actes de vengeance de la part des nouveaux maîtres du pays.



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