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Guillaume Darribau. – Dans une rue de la Casbah, Alger, 2014

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En Algérie, le baccalauréat s’est déroulé cette année sur fond de scandales et de manœuvres politiciennes. Début juin, alors que les 818 000 candidats, soit 10 % des élèves scolarisés, passaient les épreuves, le ministère de l’éducation nationale a reconnu, après quelques dénégations embarrassées, l’existence de fuites. Bien avant la tenue de l’examen, des sujets de matières scientifiques avaient été mis en ligne sur les réseaux sociaux, parfois avec leurs corrigés.

Le ministère évoque un « arsenal technologique impressionnant ». Il dénonce aussi une « série d’attaques informationnelles sur Internet », formule un peu floue pour signifier que les sujets partagés sur Facebook et Twitter n’étaient pas toujours les bons. À peine diligentée, l’enquête de gendarmerie débouche sur la mise en examen d’une trentaine de personnes. Invoquant « l’équité et l’égalité des chances garanties par la Constitution », la ministre de l’éducation, Mme Nouria Benghabrit-Remaoun, annonce que certaines épreuves seront repassées quinze jours plus tard. Le moment venu, pour empêcher un nouveau couac, les autorités décident de bloquer l’accès aux réseaux sociaux durant ces examens partiels.

L’affaire fait grand bruit. Aux yeux de beaucoup, dans un contexte politique tendu en raison des interrogations sur l’état de santé réel du président Abdelaziz Bouteflika et sur sa capacité à diriger le pays, ces fuites sont une nouvelle preuve de la déliquescence du système éducatif et, par ricochet, de l’État. « Chaque année, le baccalauréat est un moment à part pour la société algérienne », rappelle M. Abdelmoumen B., ancien haut fonctionnaire de l’enseignement supérieur, aujourd’hui cadre dans le secteur privé. « C’est une institution que nous nous sommes longtemps enorgueillis d’organiser dans de parfaites conditions. »

« Aujourd’hui, poursuit-il, le manque de rigueur et la corruption règnent. C’est à l’image de tout ce qui se passe dans le pays.  » D’autres Algériens protestent contre le blocage (…)

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