La lutte contre l’artificialisation des terres s’invite à Matignon. Ce week-end du 9 et 10 octobre, plusieurs collectifs organisent des marches des terres au départ de plusieurs sites de luttes en Île-de-France. L’objectif : rallier le siège du Premier ministre pour dénoncer le bétonnage des surfaces agricoles de la région, menacées par différents projets d’aménagement, notamment le Grand Paris et les Jeux olympiques de 2024.

« On sait que l’autonomie alimentaire en Île-de-France n’est que de trois jours. Il est urgent de garantir à tou·te·s un approvisionnement local et de qualité ! » expliquent les organisateurs sur leur site. Les conséquences de la disparition des terres sont aujourd’hui bien documentées par les scientifiques : accentuation du réchauffement climatique, risques d’inondation et canicules.

Cet évènement s’inscrit notamment dans la seconde saison des Soulèvements de la terre, dont le premier épisode a eu lieu en septembre à Niort contre les bassines, ces grandes réserves d’eau. « Le soutien que nous apportent les collectifs opposés aux bassines montre que ce ne sont pas juste des luttes locales, mais une question nationale. Tous ces projets sont défendus par le gouvernement », explique à Reporterre Margot Holvoet, coordinatrice régionale de France Nature Environnement Île-de-France.

Ces marches partiront des quatre points cardinaux autour de la capitale. À 60 kilomètres à l’est de Paris, le collectif Stop Val Béton organise une vélorution depuis la ferme communautaire des Chapelles-Bourbon (Seine-et-Marne). Il s’oppose à la construction d’une nouvelle zone d’activité qui artificialisera 150 hectares de terres agricoles dans Val Briard. Les marcheurs marqueront un arrêt aux jardins d’Aubervilliers, qui ont été détruits par les bulldozers début septembre, malgré la suspension du permis de construire par la cour administrative d’appel de Paris.

Les terres de Gonesse éventrées par les pelleteuses en vue de la future gare de métro, en 2020. © Alexandre-Reza Kokabi/Reporterre

Gare dans les champs, Grand Paris Express…

Au nord de Paris, le collectif pour le triangle de Gonesse sera également de la partie. Car si le projet Europacity a été abandonné, la gare destinée à desservir la zone est toujours sur les rails : une gare en pleins champs, contre laquelle les militants avaient installé une Zad en janvier dernier. Depuis, ils multiplient les recours juridiques. Mais la cour administrative d’appel de Paris a rejeté, jeudi 7 octobre, leur recours pour une suspension des travaux de la ligne 17 Nord du Grand Paris Express. La rapporteure publique avait pourtant demandé la suspension des travaux dans l’attente d’études complémentaires.

À l’Ouest, le rendez-vous est donné à l’entrée du parc zoologique de Thoiry (Yvelines), qui devrait recevoir 400 000 m3 de remblais issus des chantiers du Grand Paris. De quoi agrandir le zoo de 5 hectares pour créer des buttes de 15 mètres de hauteur, afin d’accueillir les enclos de chevaux de Przewalski et de bisons d’Europe. Or, plusieurs collectifs s’inquiètent de la nature des remblais, qui pourraient être pollués. Sur le trajet, ils passeront par Grignon, où une ancienne école d’agronomie a été bradée à un promoteur immobilier.

Dernier lieu de départ, le plateau de Saclay, au sud de Paris, où des militants occupent un champ depuis mai dernier afin de protester contre la construction de la future ligne 18 du Grand Paris Express, qui entraînera le bétonnage du plateau. Les évènements festifs se sont succédé durant tout l’été : lectures, ciné-débats, week-end de clôture de première saison des Soulèvements de la terre. C’est ici que les participants à ces différentes marches devraient clôturer ce week-end, avant d’entamer une semaine de chantiers de construction pour aider les occupants de Saclay à préparer l’hiver. Des actions de désobéissance civile sont également prévues afin de bloquer le chantier de la future ligne 18.

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