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par Philippe Rosenthal.

Les craintes d’une nouvelle course aux armements sont, de nouveau, ravivées par les tests de missiles hypersoniques effectués ces derniers jours par les États-Unis, la Russie, la Corée du Nord. Et, les missiles hypersoniques pourraient menacer l’équilibre des forces nucléaires dans le monde.

La Russie, un pays qui a pris beaucoup d’avance sur cette technologie avec plusieurs types de ces missiles qui, non seulement, sont capables de voler à des vitesses supérieures à 6000 km/h (Mach 5), mais qui sont aussi manœuvrables. On y trouve le Tsirkon qui a été testé avec succès depuis un sous-marin, mais également le Kinjal qui se trouve déjà au sein de l’armée de l’air. Il faut rajouter aussi le planeur hypersonique Avangard qui, après avoir été largué, peut emporter une charge nucléaire, voler jusqu’à 33 000 km/h et modifier de façon imprévisible de cap ou d’altitude.

Les États-Unis, même si ils n’ont pas encore de missiles hypersonique dans leur arsenal, ils y travaillent. Le Darpa – les scientifiques de l’armée américaine – a déclaré avoir testé la semaine dernière avec succès son missile hypersonique HAWC (Hypersonic Air-Breathing Weapon Concept) à propulsion aérobie. Cet engin utilise l’oxygène présent dans l’atmosphère pour sa combustion. Également, le Pentagone développe un planeur hypersonique appelé ARRW ( Arrow, flèche en anglais). Son premier test grandeur nature a, cependant, échoué en avril dernier.

La Chine a divers projets, dont des programmes russes semblent directement les inspirer comme l’indique une récente étude du centre de recherche du Congrès américain. En particulier, elle a testé un planeur hypersonique d’une portée de 2000 km ayant la capacité de voler à plus de Mach 5 et de réaliser des « manœuvres extrêmes », d’après cette étude.

L’Allemagne, l’Australie, la France, l’Inde et le Japon cherchent à développer des systèmes hypersoniques. D’après le centre de recherche du Congrès, Israël, l’Iran et la Corée du Sud ont débuté des recherches sur cette technologie. La semaine dernière, la Corée du Nord a affirmé avoir testé avec succès un missile planeur « hypersonique », ce qui, si cela se révélait exact, constituerait une avancée technologique cruciale.

Pourquoi ces armes sont plus dangereuses ? Les missiles hypersoniques, contrairement aux apparences, ne sont pas spécialement plus rapides que les missiles balistiques qui sont lancés à grande vitesse dans l’espace, où il n’y a pas d’atmosphère et où il ne rencontre aucune résistance pour retomber ensuite sur leur cible, toujours à la même vitesse, sauf après la rentrée dans l’atmosphère qui les ralentit un peu. Un missile hypersonique, lui, vole à basse altitude. Il est, lui aussi, lancé à grande vitesse et il est aussi freiné par l’atmosphère en ralentissant tout au long de son trajet. D’ailleurs, il peut finir par être plus lent qu’un missile balistique, comme l’explique Le Journal de Montréal.

Il faut chercher la grande différence dans la manœuvrabilité du missile hypersonique et cela rend sa trajectoire difficilement prévisible et son interception compliquée. Les systèmes antimissile THAAD pourraient permettre d’arrêter des projectiles à grande vitesse, mais ils sont prévus techniquement pour protéger une zone limitée. Le Pentagone explique que les systèmes de détection antimissiles, qui mesurent des sources de chaleur, risquent de ne reconnaître, le planeur hypersonique qu’après son largage, ce qui serait trop tard pour l’intercepter.

Un risque pour l’équilibre des forces nucléaires ? Officiellement, Le Pentagone, se concentrant jusqu’ici sur le financement concernant la recherche des missiles hypersoniques, n’a pas déclaré sa volonté d’en acheter. Le groupe américain de défense Lockheed Martin qui a déclaré avoir testé avec succès une arme hypersonique a annoncé l’ouverture ce lundi 4 octobre d’une usine de fabrication d’hypersoniques.

Les missiles développés par la Chine et la Russie peuvent emporter une charge nucléaire. Washington assure, de son coté, que son programme hypersonique se concentre sur des missiles conventionnels. D’après le centre de recherche du Congrès, le risque, c’est d’avoir une réaction excessive de l’armée américaine qui n’aurait pas la capacité de savoir si le missile hypersonique, qu’elle aurait détecté, est armé d’une charge conventionnelle ou nucléaire. Aussi, elle pourrait riposter par l’emploi d’une arme nucléaire sans attendre de le savoir.

Cameron Tracy, chercheur à l’université de Stanford, cité par France 24 explique « la solution est d’inclure les hypersoniques dans les négociations sur le contrôle des armes nucléaires – bien qu’actuellement la Corée du Nord et la Chine ne fassent partie d’aucun pacte », rajoutant : « Le développement de ces armes, cette course aux armements hypersonique, n’est probablement pas la situation la plus stable. Il serait donc bon d’agir le plus rapidement possible ».


source : http://www.observateurcontinental.fr



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