L'”ensemble des fidèles” doit se sentir “concerné” par le financement de l’aide financière que l’épiscopat entend mettre en place à destination des victimes de pédocriminalité dans l’Eglise catholique, a déclaré mercredi le président de la Conférence des évêques de France (CEF).

“Nous devons d’abord aux victimes de reconnaître qu’elles sont victimes, que la faute n’est pas de leur côté mais du nôtre (…) Depuis 2018, nous avons décidé entre évêques qu’il y aurait une dimension financière”, a déclaré Eric de Moulins-Beaufort sur Franceinfo, au lendemain de la remise du rapport Sauvé.

En mars dernier, les évêques catholiques ont décidé le versement d’une “contribution financière”, financée par un fonds de dotation doté de 5 millions d’euros abondé par les dons des évêques, des prêtres et des fidèles.

Dans son rapport, fruit de deux ans et demi de travaux, le président de la commission, Jean-Marc Sauvé, a appelé l’institution à apporter une “réparation” financière à toutes les victimes de violences sexuelles en son sein, “en fonction des préjudices subis”, sans faire appel aux fidèles.

“J’espère qu’un certain nombre de fidèles voudront bien nous aider à faire cela”, a déclaré le président de la CEF. L’enjeu c’est que l’ensemble des fidèles se sentent concernés, pas coupables (…) mais nous portons ensemble (…) la responsabilité de ces personnes, de leur apporter toute l’aide nécessaire”, a-t-il dit

La commission Sauvé, qui a enquêté sur les violences sexuelles au sein de l’Eglise catholique, de France a révélé mardi que 216.000 mineurs avaient été victimes de prêtres, diacres et religieux depuis 1950, un constat “accablant” accueilli avec “honte” et “effroi” par la Conférence des évêques.

“Nous n’avons pas su entendre cette souffrance, l’Eglise dans son ensemble n’a pas senti, pressenti cette masse de souffrance.”, a estimé Eric de Moulins-Beaufort, président du CEF et archevêque de Reims.

Par ailleurs, il a déclaré que la confession devait rester “secrète” car elle couvrait un “espace de parole libre”. “Le secret de la confession s’impose à nous et en cela il est plus fort que les lois de la République”, a-t-il ajouté.

Dans ses recommandations, la commission Sauvé appelle les autorités de l’Eglise à relayer un message clair indiquant aux confesseurs et aux fidèles que le secret de la confession ne peut déroger à l’obligation, prévue par le code pénal, de signaler aux autorités judiciaires et administratives les cas de violences sexuelles infligées à un mineur ou à une personne vulnérable.





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