En janvier 2016, l’association La Parole libérée apparaît au grand jour en affichant devant la presse sa volonté de “briser l’omerta” des agressions sexuelles dans l’Église. Deux anciens scouts révèlent les agressions du père Preynat, reprochant au cardinal Philippe Barbarin, à l’époque son supérieur en tant qu’archevêque de Lyon, de ne pas avoir informé la justice des agissements passés de ce religieux.

Un an plus tard, l’association lance une procédure de citation directe qui a contraint Mgr Barbarin à comparaître pour ses silences, malgré le classement de l’enquête.

“En France, La Parole libérée (…) a été pionnière dans l’interpellation de la hiérarchie catholique”, souligne la sociologue Céline Béraud dans son livre Le catholicisme à l’épreuve des scandales sexuels. Le combat de l’association a “permis de faire bouger les lignes”, affirme à l’AFP l’un de ses membres, Pierre-Emmanuel Germain-Thill.

D’autres collectifs se créent. Plusieurs victimes témoignent à visage découvert dans un documentaire, “Pédophilie, Un silence de cathédrale”, diffusé au printemps 2018. Parmi eux, Olivier Savignac, partie civile au procès d’André Fort, un évêque qui sera condamné à huit mois de prison avec sursis pour ne pas avoir dénoncé les abus sexuels d’un prêtre de son diocèse, l’abbé Pierre de Castelet. Il fait “pression pour être reçu par les évêques lors de leur assemblée plénière”.

En juin 2018, l’épiscopat annonce qu’il recevra des victimes lors de son assemblée plénière de novembre à Lourdes. Le pape François publie, le 20 août 2018, une “Lettre au peuple de Dieu” dans laquelle il reconnaît la “douleur des victimes” et appelle à la “solidarité ” et à l'”engagement” en faveur “d’une culture de la protection et du “jamais plus” à tout type et forme d’abus”.



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