Par Sabine Faivre pour BVoltaire

À la demande du président de la République, le sociologue Gérald Bronner s’est vu confier une commission de « lutte contre la désinformation et le complotisme ». Ses travaux ont démarré ce mercredi 29 septembre. Quinze personnes se pencheront sur le sujet : un médecin, un membre du Conseil sur la laïcité, un sociologue, deux chercheurs spécialisés sur la jeunesse et la géopolitique, et un représentant de lobby anti-conspirationniste, le directeur de Conspiracy Watch, Rudy Reichstadt. Cette commission s’attachera au traitement de la pandémie de Covid-19, sur les réseaux sociaux. À cet effet, les membres de la commission ont eu l’idée d’auditionner les représentants des réseaux sociaux dominants : une riche idée, d’autant que ces réseaux sociaux sont déjà configurés pour censurer les idées contrevenant à la pensée officielle ! Pour comprendre le complotisme, quoi de mieux, en effet, que d’auditionner des censeurs ?

Entendez que le terme « complotiste », cible de la traque gouvernementale, signifie, en réalité, non pas tant les supposées « fake news » que toutes les sources d’information sur le vaccin qui échapperaient au contrôle de l’État, tous les chiffres, témoignages ou études scientifiques qui viendraient démonter les thèses officielles. Le gouvernement semble sortir de sa tour d’ivoire en découvrant que 67 % des Français n’ont pas confiance en la véracité des informations d’un média reconnu, selon un sondage Ifop du mois de juin 2021.

Dans les manifestations, les slogans « Éteignez la télé et allumez vos cerveaux » sont assez fréquents. Les citoyens ne sont plus les moutons d’antan, qui fabriquaient leur opinion à partir des « nouvelles du 20 h », et c’est une excellente nouvelle. La commission Bronner pense que le problème est lié à la régulation des algorithmes, qui « permettrait à un tweet négatif de circuler beaucoup plus vite qu’un tweet positif » : sus, donc, aux empêcheurs de tourner en rond. Une drôle de « régulation » va se mettre en place : exit les gêneurs, les réseaux sociaux ressembleront de plus en plus à des haies de jeunes filles chargées de lancer non pas des œufs mais des corbeilles de roses au passage du cortège présidentiel.

Impossible de ne pas songer à quelques États autoritaires. Dans l’arsenal d’un bon tyran, le combat idéologique figure en tête. Il est essentiel que la vérité officielle ne puisse être contestée par personne. Le fait même de la déclarer « vérité » la rend intouchable. Peu importe que l’État dise blanc un jour et noir le lendemain, l’État a raison, l’État a toujours raison. C’est pourquoi le tyran déteste les mises en cause, et la seule façon pour lui de les faire taire est de les diaboliser, de les censurer, de les psychiatriser, comme au temps de l’URSS. Elle n’est pas si ancienne, l’époque où les lanceurs d’œufs étaient internés d’office en hôpital psychiatrique. Gare au retour de l’Histoire !

BVoltaire

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