Valérie Bugault a bien décrit la situation de la France, mais, Macron sera-t-il la hauteur de ses prétentions avec la puissante Allemagne ? ….

Par Olivier Renault pour Observateur-Continental

Le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, Clément Beaune , a exprimé le 27 septembre l’espoir que l’Allemagne trouvera un chancelier fort à la veille de la future présidence française de l’UE. Sur son compte Twitter, celui-ci a écrit: «Le couple est irremplaçable. L’idée que l’Europe puisse investir, qu’il y ait une solidarité budgétaire, c’est un acquis dans notre coopération que plus personne ne peut nier».

Dans l’entretien au Spiegel, Clément Beaune affirme: «Quoi qu’il arrive, nous aurons un gouvernement allemand pro-européen». Dans l’hebdomadaire de Hambourg, le responsable politique français parle de la fin d’une époque et des projets de la Présidence française du Conseil de l’UE.

Une position de leader de la France sur l’UE. Berlin promet aux Français que le nouveau gouvernement allemand sera formé d’ici Noël, c’est-à-dire juste à temps pour le début de la présidence française de l’UE. Clément Beaune a informé des priorités françaises en expliquant qu’ il est plus facile pour les Français de consulter les sociaux-démocrates allemands sur les questions d’investissement, et qu’il est plus facile pour Paris de discuter des questions de défense et de sécurité avec les démocrates-chrétiens. Les analystes estiment que le président français, Emmanuel Macron, assumera une position de leader plus forte au niveau européen dans les mois qui précèdent l’entrée en fonction du nouveau chancelier allemand.

Cependant, on ne sait pas comment Emmanuel Macron pourra utiliser un tel avantage. En tout cas, le président français veut, souhaite, a l’ambition de profiter de la fin de règne de 16 années d’Angela Merkel et combler un vide dans l’espace politique après le départ de la figure imposante allemande issue l’ex-RDA.

Présidence française et grandes réformes pour l’UE. Dans le cadre de la présidence française de l’UE au premier semestre de l’année prochaine (le 1er janvier 2022), Emmanuel Macron entend engager des réformes dans plusieurs domaines, dont la mise en place d’un salaire minimum unique européen et une réglementation unifiée au niveau européen des entreprises géantes du numérique. Dans ces innovations, il aura besoin du soutien de l’Allemagne. Un salaire minimum commun de l’UE pourrait sérieusement affecter les intérêts des entreprises allemandes qui exploitent une main-d’œuvre bon marché en Europe centrale et orientale, en particulier en Pologne, en Hongrie, en Slovaquie et en Roumanie.

La LREM veut dicter Berlin. Un jour avant la publication de l’entretien de Clément Beaune dans le Spiegel, le quotidien le Tagesspiegel a évoqué aussi un très proche conseiller d’Emmanuel Macron, Stéphane Séjourné. Ce très proche confident du président français, selon le quotidien berlinois, «s’interroge sur ses attentes vis-à-vis du prochain gouvernement fédéral» et explique, lui aussi, «avant tout, vouloir que les choses aillent vite» et on apprend que La République En Marche  «a donné le ton à la formation de la prochaine coalition berlinoise».

Cependant une opposition sur le projet de défense UE. Tout comme Clément Beaune, Stéphane Séjourné a expliqué que la France a besoin d’un partenaire compétent en Allemagne au plus tard lorsque Paris prendra la présidence de l’UE le 1er janvier 2022. Du côté allemand, on explique que «l’une des priorités d’ [Emmanuel] Macron est  »l’Europe de la défense », c’est-à-dire le renforcement des capacités européennes de défense», mais, le Tagesspiegel affirme que «le nouveau gouvernement fédéral se positionnera là-dessus et devra, le cas échéant, faire comprendre à [Emmanuel] Macron que le projet ne doit pas conduire à une scission de l’Otan». Le Tagesspiegel écrit que Stéphane Séjourné «ne craint pas que l’UE n’ait été que marginalement présente dans la campagne électorale fédérale», car selon le confident du président français, «cela montre seulement que le prochain gouvernement fédéral adoptera également une position pro-européenne». On reconnaît l’humour germanique entre les lignes de l’article du quotidien de Berlin vis-à-vis de l’arrogance française qui s’imagine penser dans la tête des leaders allemands. En outre, le Tagesspiegel en rajoute pour annoncer un échec annoncé de la volonté du président français de mener seul sa politique sur l’UE.

Ainsi, la prochaine alliance de coalition devra évaluer politiquement en détail les progrès du futur avion de chasse européen Future Combat Air System (FCAS). Le projet d’un milliard de dollars sert à remplacer l’Eurofighter en Allemagne et l’avion de chasse Rafale en France. «La prochaine phase de développement du projet durera jusqu’en 2027», écrit le Tagesspiegel, signalant que ce projet ne verra pas le jour sous la présidence française de l’UE. Observateur Continental annonçait déjà que le projet Scaf était déjà en train de sombrer et que l’Allemagne faisait tout pour le torpiller. En outre, le Tagesspiegel a bien signifié dans son article que Berlin ne veut pas voir  le projet cher à Emmanuel Macron d’avoir une défense européenne «conduire à une scission de l’Otan».

De nouveau, la France, va se heurter à l’esprit de Otto von Bismarck qui plane à Berlin et qui écrasa la France en 1871 et qui fonda l’Empire allemand, justement, un mois de janvier.

Olivier Renault

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