“Soignez-les! Protégez-nous!”: plus de 200 personnes ont manifesté mercredi soir à Aubervilliers, à proximité du nouveau lieu de rassemblement d’usagers du crack, déplacés vendredi en lisière de la Seine-Saint-Denis, a constaté une journaliste de l’AFP.

“Ici pas de riverains ? Darmanin regarde-nous bien”, était-il écrit sur plusieurs pancartes brandies par une centaines de manifestants, partis de la commune limitrophe de Pantin, où un mur critiqué et surnommé “mur de la honte” est censé éviter le passage des usagers du crack vers la banlieue.

Le cortège est arrivé dans le calme à Aubervilliers vers 18H30, derrière une longue banderole sur laquelle était inscrit “Soignez-les ! Protégez-nous”.

La tension est rapidement montée et une vingtaine de manifestants a bloqué pendant quelques minutes l’entrée du périphérique.

“Nous ne sommes pas la poubelle de Paris”, s’est exclamé un porte-parole du collectif Anticrack93, à l’initiative du rassemblement d’Aubervilliers.

“Les toxicomanes, c’est la cerise sur le gâteau. On a accumulé toute la misère humaine de Paris”, s’est emporté auprès de l’AFP Fati, habitante du quartier, évoquant les migrants déjà présents à Porte de la Villette.

“Je dois maintenant réfléchir à des stratégies pour ne pas me faire agresser”, s’est alarmée Yacina Zerkak, une autre habitante.

“On ne peut pas laisser une population vulnérable à une bretelle de périphérique, c’est une mise en danger”, a ajouté l’enseignante, appelant à une prise en charge médicalisée.

Vendredi, une cinquantaine d’accros au crack, dérivé fumable, bon marché et très addictif de la cocaïne, principalement des hommes, ont été expulsés du quartier des jardins d’Eole, un haut lieu de la consommation de crack du nord-est de la capitale.

Depuis, ils sont parqués dans un square en lisière de périphérique et errent à proximité du quartier des Quatre Chemins, à cheval sur Pantin et Aubervilliers.

Une trentaine d’élus locaux du département ont écrit mardi une lettre ouverte au Premier ministre Jean Castex pour “condamner fermement le choix (…) de déplacer le problème vers la Seine-Saint-Denis” et dénoncer un “mépris” à l’égard de “ses habitants qui ont tout autant droit à la sérénité que les autres”.

“Jeudi matin, il y aura sous l’autorité du préfet de la région Ile-de-France et du préfet de police de Paris, avec la mairie de Paris et tous les élus qui voudront y participer, une réunion qui permettra très vite de mettre fin à cette situation”, a fait savoir Gérald Darmanin devant l’Assemblée nationale mardi.





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