Las ! Dans son rapport de 646 pages, « LES OPÉRATIONS D’INFLUENCE CHINOISES. Un moment machiavélien » et pour la seule conjugaison du verbe « être » l’IRSEM a recours des dizaines de fois au conditionnel (serait). Idem pour le verbe « pouvoir » (pourrait). Plus encore pour le verbe avoir (aurait). Si on ajoute d’autres verbes au conditionnel dans ce tract antichinois et antipatriotes Français (moi, 44 fois cité), on comptabilise plus de trois cents fois l’usage d’un conditionnel qui insinue. C’est l’arme des malveillant, des roublards, des flemmards à qui deux petites années de recherches étaient trop courtes pour vérifier leurs accusations, même si un clic suffisait parfois.

Et puis, les soixante chercheurs de l’IRSEM n’étaient pas tous sur le dossier, pas plus que leur collègue « associé », officier supérieur de l’armée des EU, qui d’ailleurs, ne savait même ce qui se tramait depuis deux ans, dixit le directeur de l’IRSEM. « Il n’a évidemment jamais été associé, de près ou de loin, à la préparation du présent rapport, dont il ignorait même l’existence avant sa parution ».

Oui, oui, oui, les autres chercheurs posaient leur main sur leur feuille et mettaient une épaule en biais quand il se montrait. « Pet ! Pet ! v’la l’Ricain ! » Pendant deux ans.

Le directeur de l’IRSEM, toujours : « Vivas déduit d’une simple corrélation (la présence d’un chercheur américain dans l’équipe) un lien causal (c’est donc lui qui « communique au Monde des matériaux pour articles anti-chinois »), sans aucune preuve bien sûr, par le seul travail de l’imagination, dans une construction qui peut sembler conspirationniste ».

Mais je n’ai pas écrit ça. Il faut savoir lire, aussi, quand on cherche la castagne. « Un chercheur associé de l’IRSEM, ORGANISME FRANÇAIS QUI COMMUNIQUE AU MONDE DES MATERIAUX POUR ARTICLE ANTICHINOIS ». En majuscules, on comprend mieux à l’IRSEM ? Non ? Si je raye : « associé de l’IRSEM, ORGANISME FRANÇAIS », ça nous fait : « Un chercheur QUI COMMUNIQUE AU MONDE DES MATERIAUX POUR ARTICLE ANTICHINOIS ». C’est bon là, je crois. Il suffit d’une bonne et crapuleuse troncature.


Exemples de conditionnels avec le verbe être (liste très partielle)  :

–  l’une des principales cibles … basée à Pékin, qui serait gérée par un photographe de presse chinois.

Le comportement chinois serait une…

Une institution qui serait composée…

Son budget serait…

Une influence possible serait…

Ces directives ont un statut qui serait …

serait également, selon certaines sources…

elle centraliserait tous les travaux de guerre…

C’est cette base, notamment, qui serait derrière la campagne…

mais la source initiale serait un média japonais….

Yue Lei ne serait resté en poste que trois ans…

VTS serait une unité…

On sait du moins que la base 311 se serait vu
[on ne sait pas, donc] attribuer le rôle de…

Selon eux, l’unité 61023 superviserait des départements d’édition…

auquel l’unité 61590 de l’APL serait affiliée…

un conflit qui les opposerait à l’APL, qui leur serait bien supérieure…

serait également impliquée dans des activités …

Elle serait peut-être affiliée au bureau de traduction de…

la base 311 serait soutenue par le centre de formation…

En gras dans leur rapport, cette perle  : le centre de formation Huaxin n’est probablement pas ce qu’il semble être, car il serait en réalité…

Le centre de formation Huaxin serait affilié à l’ancienne société…

Elle centraliserait tout le travail de guerre psychologique…

Se constituer en modèle de bienveillance serait donc…

Pour certains diplomates, dont les propos ont été rapportés par Foreign Policy, le DAES ne serait …

Ce « diplomate », qui ne serait autre que l’ambassadeur lui-même…

Qui, affirment plusieurs spécialistes, serait un repaire extraordinaire d’officiers de renseignement…

À cette liste, on pourrait également ajouter…

Le CSSA de l’Université catholique flamande de Louvain (KUL) serait impliqué dans un « réseau multinational de renseignement…

Quand bien même le centre ne serait pas une organisation de front des services chinois, il pourrait être utilisé comme point d’entrée…

Un certain Evan Lee, qui serait basé en Malaisie….

Il serait également associé au réseau « Qiqi », dont il gérerait quelques pages Facebook…

Le produit phare de Nothing Tech serait la plateforme…

Qui se serait imposée comme la plus importante plateforme…

Elle serait visitée quotidiennement plus de 6 millions de fois…

Et qui se serait imposée comme la plus importante…

Son PDG, Li Lei, serait un ancien du…

… Le site serait visité près de 12 millions de fois quotidiennement d’après les sources chinoises, ce qui ferait de HelloTaiwan l’une des principales plateformes…

Selon Zhong, le soldat taïwanais ordinaire serait préoccupé… et aurait un esprit patriotique « flou »…

Qui serait gérée par un photographe de presse chinois…


Avec ce type de services de renseignements, nos armées sont fin prêtes pour perdre la prochaine guerre que nous aurons contribué à déclencher.

Et le bouquet est cette accusation martelée quatre fois selon laquelle la Chine est experte en ingérence dans les élections de pays étrangers.

« Au cours de la dernière décennie, la Chine se serait ingérée dans au moins 10 scrutins dans 7 pays » (Page 19).

Selon un rapport de l’ASPI, au cours de la dernière décennie, la Chine se serait ingérée dans 10 élections dans 7 pays… » (Page 267).

Au cours de la dernière décennie, la Chine se serait ingérée dans au moins 10 élections dans 7 pays) (Page 411).

Comme on l’a vu (→ p. 265), la Chine s’est ingérée dans au moins une dizaine d’élections en Asie, en Australasie et en Amérique du Nord. (Page 621).

Les « chercheurs » (sic, MDR, LOL) n’ont même pas pris la peine de se relire ni, surtout, n’ont pas remarqué la transformation de leurs trois premières suppositions en une affirmation péremptoire dont ils nous disent qu’on a vérifié la véracité (« comme on l’a vu ») puisque leur source (en page 267, en fait) est l’ASPI.

Or, l’Aspi, si on lit bien l’IRSEM, a usé du conditionnel, le temps qui dit les hypothèses, les suppositions, les incertitudes ( la Chine se serait ingérée ») . C’est l’IRSEM qui affirme : « la Chine s’est ingérée » en faisant semblant de citer l’ASPI.

On constate là le manque de rigueur de nos chercheurs qui forcent une déclaration de l’ASPI, en tout cas, telle qu’ils la rapportent.

Or, qu’est ce que l’ASPI ?

Le rapport la cite 79 fois à la manière d’un chercheur qui se réfèrerait à Landru pour un rapport sur les droits des femmes ou à Marc Dutroux sur l’art d’élever les enfants.

L’ASPI

Pour nos duettistes c’est une référence. L’Australian Strategic Policy Institute (ASPI) a « développé ces dernières années une véritable expertise et une production régulière sur le sujet. »

Si, au lieu de fouiller dans « ma-vie-mon-œuvre » en remontant jusqu’aux années 60, ils avaient lu mon livre comme ils font semblant de l’avoir fait en le citant 3 fois avec un extrait du quatrième de couverture ( !), ils y auraient trouvé des informations sur l’ASPI.

Chercheur solitaire et rapide, j’ai trouvé.

Mon livre : « Pour en finir avec les fake news » Extrait :

L’ASPI (Institut australien de politique stratégique) est un think tank qui affirme que 80 000 Ouïghours (au moins) ont été transférés entre 2017 et 2019, en Chine, hors du Xinjiang pour un « travail forcé » dans des usines de sous-traitants des grandes marques internationales.

En février 2020, sur le site australien Financial Review on pouvait lire : « Mardi, au Sénat

australien, Kim Carr, du Parti travailliste, s’est levé, tonnant sur “les faucons résolus à mener une nouvelle guerre froide”.
Dans sa ligne de mire se trouvait l’Australian Strategic Policy Institute qui, selon lui, prenait près de 450 000 dollars au Département d’État américain (l’ASPI dit que le vrai chiffre est inférieur à la moitié de ce montant) ».

D’autres précisions sur l’ASPI sont données par John Menadue, qui a travaillé pour le parti travailliste australien et pour plusieurs ministres. Il a été pendant quatre ans ambassadeur au Japon. D’après lui, l’ASPI n’est pas un groupe de réflexion indépendant. Il est subventionné par le gouvernement australien et il est « lié au complexe américain de défense, armement et renseignement et il est un partisan enthousiaste de presque tout ce qui est américain. Il est hostile à la Chine et il est devenu l’organisation de référence antichinoise ».

Bref, voici ce qu’est l’Aspi, source principale de l’IRSEM pour un rapport bourré d’erreurs, d’insinuations infondées, d’accusations calomnieuses, d’attaques ad hominem, de mensonges, purs, de fouilles policières, contre moi, contradicteur (dont l’IRSEM signale trois fois mes liens avec la CGT (ça ne peut que déplaire aux lecteurs de l’OTAN et à l’officier supérieur de l’US Army qui campe à l’IRSEM).

Ou bien les « chercheurs » de l’IRSEM n’ont pas cherché à voir ce qu’est l’ASPI et ils sont nuls, ou bien ils l’ont fait et ils emberlificotent sciemment leurs lecteurs, qui sont d’abord l’Armée, l’OTAN et les médias.

Il faut espérer que nos généraux, tous les officiers, les militaires de tous grades, tous ceux qui n’ont pas renié la politique étrangère du Général De Gaulle, tous ceux qui sont attachés à l’indépendance de la France, à la souveraineté de son armée, à son refus des aventures guerrières comme celle qui se dessine, apprécieront ce rapport de l’IRSEM comme il doit l’être : une cagade bâclée, bourrée d’erreurs, suintant une détestation viscérale de la Chine, un pas vers une guerre chaude.

Donc, classement vertical : poubelle

Il n’est pas nécessaire en effet de faire savoir à la Chine (sauf à la désigner officiellement comme ennemie) que ce qu’on lit dans ce rapport reflète la doctrine officielle de la France dont l’armée, jusqu’à plus ample informé, ne manoeuvre pas encore aux ordres de Washington.

Maxime VIVAS (auteur pacifiste)

En prime, cette chanson où l’on raconte comment le directeur de l’IRSEM conduit la troupe pour franchir la frontière chinoise.





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