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Les photographies qui accompagnent ce reportage ont été réalisées par l’auteur au sein du front 36 des FARC dans le département d’Antioquia.

Depuis combien de temps progressons-nous sous ce plafond de verdure monotone ? Une demi-heure ? Une heure ? Deux ? Soudain, des toiles de tente se détachent au milieu des arbres, avant qu’apparaissent les installations rudimentaires de la guérilla. Des heures de voyage, en avion, en bus, puis à moto et enfin à pied, auront été nécessaires pour atteindre, en ce 29 juin 2016, le campement du front 36 des Forces armées révolutionnaires de Colombie — Armée du peuple (FARC-EP), dans le nord-ouest du pays.

« Venez, je vais vous présenter », lance Sigifredo, qui nous guide à travers les feuillages et sur les blocs de pierre utilisés pour créer des chemins où l’on échappe à la boue. Nous traversons le camp plongé dans l’ombre avant de parvenir à une immense clairière. Une quarantaine de jeunes gens y sont alignés, en plein exercice. Ils sont en civil, fusil (ou bâton de bois) sur l’épaule. À notre arrivée, les regards se font curieux ; le sourire de ceux qui ont perdu leur concentration s’achève en rictus.

Fruit de l’affrontement entre la paysannerie colombienne et les élites économiques du pays durant les années 1950, les FARC sont apparues en 1964. Leur principale revendication : un partage plus équitable des terres. Cinquante-deux ans plus tard, elles demeurent l’un des derniers mouvements révolutionnaires armés actifs sur le continent américain. Alors que, depuis 1964, les gouvernements colombiens successifs avaient cherché à terrasser l’insurrection marxiste, le président Juan Manuel Santos (élu en 2010 et réélu en 2014) a lancé en 2012 des négociations avec la guérilla. Le 23 juin 2016, les deux parties ont annoncé un accord de cessez-le-feu, préalable à un accord de paix. Dans ce contexte, le conflit a perdu en intensité depuis quelques mois. L’arrière-pays jouit d’une tranquillité inédite, et les FARC s’ouvrent peu à peu à la visite de certains journalistes ; la nôtre est la seconde en moins de six mois.

Face aux troupes, le commandant Anderson Figueroa se présente à nous d’une voix (…)

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