Emmanuel Macron avait annoncé vouloir en finir avec les tests dits “de confort”, le 12 juillet dernier. Gabriel Attal l’avait confirmé un mois plus tard. Restait une inconnue, que FranceSoir avait d’ailleurs relevée : la fin du remboursement s’appliquerait-elle aux personnes vaccinées ?

Nouvelle donne avant la nouvelle dose ?

Hier, le Premier ministre Jean Castex a annoncé dans un entretien accordé aux “Échos” que les tests covid ne seront plus remboursés que pour des motifs médicaux, à partir du 15 octobre. Si vous êtes vacciné(e), le test reste gratuit, quelle qu’en soit la raison, donc, qu’elle soit d’ordre médical ou autre. Il faut par exemple un test négatif pour voyager dans certains pays, que l’on soit vacciné ou pas. Si vous n’êtes pas vacciné(e), soit vous aurez une ordonnance de votre médecin, soit vous paierez plein pot.

Si vous refusez toujours l’injection et êtes contraint de faire un test, il faudra compter autour de 43€ pour un test RT-PCR et 25€ pour un test antigénique. Seuls les mineurs, à qui le passe sanitaire va être demandé, pourront bénéficier des tests gratuitement encore pour un temps.

« Il n’est plus légitime de payer des tests de confort à outrance aux frais du contribuable. […] La logique est de rembourser les tests liés à des motifs réellement médicaux, et de continuer à inciter à se faire vacciner. » Jean Castex

“De confort”, vraiment ?

Notons l’irruption récente mais rapidement installée du concept de “test de confort”. Les non-vaccinés étaient cloués au pilori médiatique. Puis tributaires d’un passe sanitaire option “pénibilité” (tests réguliers) pour ceux qui ne pouvaient (ou ne voulaient) y échapper, pour des raisons professionnelles ou personnelles. Les voilà de surcroît obligés de payer pour cela. Pour un mois seulement ? Le passe sanitaire devait durer jusqu’au 15 novembre. Mais tout porte à croire qu’il sera prolongé, le porte-parole du gouvernement s’en est à peine caché hier au micro de France Inter jeudi dernier :

Serait-ce pour une raison budgétaire, la fin inéluctable du “quoi qu’il en coûte” ? Il est vrai que le coût des campagnes de tests est faramineux : il est estimé à 6,2 milliards d’euros en 2021 pour la France (Capital). Mais le coût de la vaccination estimé par le gouvernement dans son projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) présenté vendredi dernier est de… 5,8 milliards d’euros pour l’année en cours et l’enveloppe prévue pour 2022 est de 3,3 milliards d’euros. Qui coûte cher à qui ?

La “vaccination de confort”, elle, semble être un concept qui n’est pas de mise. Et pourtant… Nul besoin d’être grand clerc pour constater qu’une part importante des personnes qui se sont soumises à l’injection, quasi-obligatoire de fait, l’ont fait par “confort” personnel bien davantage que pour des raisons strictement sanitaires – et encore moins par altruisme. Le cas sus-évoqué d’un test impératif pour voyager, même pour les personnes vaccinées, échapperait au registre du “confort” vilipendé chez les non-vaccinés.

“Vacciner-Vacciner-Vacciner”

Du triptyque recommandé “Tester – Isoler – Traiter”, la France n’a jamais retenu que le premier élément pour lutter contre le covid-19. Et encore, tardivement : rappelons que les tests étaient jugés “inutiles” en mars 2020 par les autorités. Traduire : on n’avait pas – ou on ne se donnait pas – les moyens de tester massivement, à la notable exception de l’IHU de Marseille qui fut d’abord vilipendé pour ses campagnes de dépistages massifs par l’ARS de la région Paca.

C’est d’ailleurs sur ces tests que reposait essentiellement le suivi de l’épidémie. Que va-t-il advenir à partir de mi-octobre ? Un effondrement des cas ? Des cas positifs qui ne concerneront plus que les personnes vaccinées ? Ce qui justifiera la troisième dose pour tous, puis les suivantes ?

Une fois de plus, la raison ne semble en rien sanitaire : il serait simplement question d’aller au bout du “paradigme vaccinal”.

Le passe sanitaire achève sa mue en passe vaccinal

Le passe sanitaire n’avait de sens que si les vaccinés ne transmettaient pas le virus, du propre aveu de Gabriel Attal, toujours lui :

Son “sens” n’était donc que celui d’être un pass vaccinal qui ne dit pas son nom. Ceux qui ne souhaitent pas se soumettre à l’injection vont avoir encore plus de mal à rester “non-vaccinés”. Cette fin de la prise en charge des tests par la Sécurité sociale enfonce le clou, pour aller chercher les derniers récalcitrants. Avec en ligne de mire l’attribution à la vaccination d’une éventuelle sortie de crise ?

D’ici là, la quasi-obligation de fait pourrait bien devenir complète obligation de droit : l’obligation vaccinale est inscrite à l’agenda parlementaire. Le Sénat examinera une proposition de loi, à l’initiative du groupe socialiste et portée par le sénateur et médecin Bernard Jomier, à partir du… 13 octobre.

Anticonstitutionnellement

Il est à noter pour finir que le caractère profondément anticonstitutionnel d’une telle mesure a été souligné dès son annonce. Le Conseil constitutionnel devra sans doute se prononcer, et il n’est pas dit qu’il se plie cette fois aux volontés du gouvernement :





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