Une enquête du New York Times rapporte qu’Israël a bien utilisé un mitrailleuse pilotée par satellite et utilisant l’intelligence artificielle pour assassiner le physicien iranien Mohsen Fakhrizadeh en 2020, ce que l’Etat hébreu n’a jamais confirmé.

Un article du 18 septembre du quotidien américain New York Times confirme et apporte plus de détails à la version iranienne de l’assassinat du physicien Mohsen Fakhrizadeh en novembre 2020. Selon l’enquête du journal, des agents israéliens du Mossad ont installé une  «machine à tuer télécommandée» à l’arrière d’un pick-up Nissan Zamyad, garé sur la route menant à la maison de campagne de Mohsen Fakhrizadeh à Absard, à l’est de Téhéran.

Une machine infernale

Au passage du scientifique, la machine, composée dune mitrailleuse belge de type FN MAG «capable de tirer 600 coups par minute» et de caméras associées à une intelligence artificielle, pilotées par satellite par un opérateur situé à l’extérieur du pays a ouvert le feu, tuant sa cible. «L’opération a duré moins d’une minute. Quinze balles ont été tirées», précise l’article.

Selon cette version, il a fallu faire entrer et assembler une tonne de matériel dans le pays. Les agents impliqués auraient quitté le sol iranien avant le lancement de l’opération. Le pick-up aurait ensuite explosé pour effacer les traces mais une grande partie de l’équipement serait «restée intacte».

Le 6 décembre 2020, le commandant en chef des Gardiens de la révolution, le contre-amiral Ali Fadavi, avait donné une version similaire de l’assassinat, précisant qu’une mitrailleuse contrôlée par une «intelligence artificielle» avait été utilisée pour assassiner Mohsen Fakhrizadeh.

L’arme automatique était selon lui «focalisée sur le visage du [scientifique] d’une façon telle que sa femme, qui se trouvait à seulement 25 centimètres, n’a pas été touchée par une balle». Ali Fadavi a en outre affirmé que le chef de la sécurité du scientifique avait reçu quatre balles «lorsqu’il s’est jeté» sur ce dernier pour le protéger. Et de préciser : «Aucun terroriste ne se trouvait sur les lieux.»

Selon le New York Times, le Mossad a préparé cette opération avec l’aide de responsables américains, dont l’ancien président Donald Trump et son secrétaire d’Etat de l’époque Mike Pompeo. Dès le lendemain, les autorités iraniennes avaient accusé Israël d’être derrière l’assassinat du scientifique. Interrogé sur la question, le ministre israélien du Renseignement, Eli Cohen avait pour sa part assuré que le gouvernement n’avait aucune idée de l’auteur du meurtre de Mohsen Fakhrizadeh, ajoutant que son assassinat était bénéfique pour le Moyen-Orient et le monde, le physicien iranien participant selon lui «activement à la création d’une arme nucléaire».

Selon le New York Times, Israël voulait éliminer le scientifique depuis des années. Sa mort a engendré un épisode de tension maximale entre les deux pays qui perdure jusqu’à aujourd’hui.



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