par Xu Chi.

Des dossiers déclassifiés par la Central Intelligence Agency (CIA) relèvent que les États-Unis ont fait usage d’armes biologiques pendant la guerre de Corée, et l’empreinte de l’Unité 731 y est « partout », a déclaré, lors d’une interview récemment accordée à Xinhua, l’historien américain Jeffrey Kaye, qui appelle à une enquête internationale.

Kaye, ancien psychologue clinicien à San Francisco, a exposé l’usage de la torture à Guantanamo dans un livre sorti en 2017. Il s’est intéressé par la suite à la guerre biologique américaine pendant la guerre de Corée, dont les documents étaient systématiquement censurés et détruits pendant la période du maccarthysme.

Kaye s’est néanmoins procuré des preuves abondantes, y compris le Rapport de la Commission scientifique internationale (ISC, acronyme anglais) pour l’enquête sur les faits concernant la guerre bactérienne en Corée et en Chine, ainsi que les aveux de 25 pilotes américains.

L’année dernière, à sa grande joie, M. Kaye a obtenu « la dernière pièce du puzzle ».

« La CIA a rendu publics des centaines de documents précédemment classifiés », a dit M. Kaye, « J’en ai trouvé environ une vingtaine (qui se réfèrent à la guerre biologique) ».

Les documents, basés sur le travail effectué par l’Armed Forces Security Agency des États-Unis qui a déchiffré, traduit et analysé la communication interne de la Chine et de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), ont montré que des militaires des deux pays, dans l’ignorance de l’espionnage, ont signalé des attaques bactériologique, ainsi que des maladies et des morts en la matière.

« L’empreinte de l’Unité 731, que les États-Unis et le Japon ont tous deux dissimulée, y était partout », a affirmé M. Kaye, ajoutant : « Les mêmes personnes (au sein du US Chemical Warfare Service) qui avaient plaidé et fait pression pour l’amnistie et la collaboration avec (chef de l’unité 731) Shiro Ishii et ses troupes, ont fini par préconiser plus tard la guerre biologique et ont été placés à des postes de responsabilité en 1950-1951 ».

Notant que sa conclusion est basée sur les documents rendus publics, y compris ceux déclassifiés par le département américain de la Défense au cours des dernières décennies, M. Kaye s’est déclaré surpris de constater que ces documents ont demeurés inaperçus au fil des ans.

Il a également souligné que des membres de l’unité 731 ont été amnistiés après la deuxième Guerre mondiale par Douglas MacArthur, alors commandant suprême des forces alliées, et que MacArthur a noté avec intérêt le potentiel de la guerre biologique d’Ishii « dans les climats froids », telles que le nord-est de la Chine, la RPDC et l’Union soviétique.

« Bien entendu, Fort Detrick était et reste toujours le centre de la recherche américaine sur la guerre biologique. Dans les années 1950, Fort Detrick a également travaillé en étroite coopération avec la CIA, et a mis en place une division nommée Special Operations Division qui produisait les armes biologique », a indiqué M. Kaye.

Plusieurs membres du personnel de Fort Detrick qui travaillaient sur les armes biologiques ont successivement connu la mort, peu de temps après les attaques biologiques américaines pendant la guerre de Corée, sans que les enquêtes militaires ne soient rendues publiques, a ajouté M. Kaye.

La guerre biologique américaine était hautement confidentielle, a-t-il expliqué. « En fait, dans leurs aveux, des pilotes de haut rang (…) ont mentionné l’importance extrême de la confidentialité (de la guerre biologique) au risque d’un procès en cour martiale, et que même certains des pilotes ne savaient pas ce qu’ils transportaient », a-t-il précisé.

Pour dissimuler la guerre biologique, les États-Unis ont systématiquement censurée les informations, mené des persécutions et détruit des preuves, a énoncé M. Kaye, ajoutant : « Tous ceux qui ont réussi à obtenir ces informations ont été persécuté pendant la période du maccarthysme, et de même pour les journalistes ».

Pour M. Kaye, les dossiers déclassifiés de la CIA sont conformes aux preuves avancées par le rapport de l’ISC et par les aveux des pilotes. « Je dis que nous avons maintenant une prépondérance de preuves montrant que les États-Unis sont engagés dans une campagne de guerre biologique ».

M. Kaye appelle à la création d’une commission internationale d’enquête.

« La seule façon d’établir la confiance et de restaurer la diplomatie, et d’éviter la tension agressive, serait de rendre la justice aux crimes passés », a-t-il conclu.


source : http://french.news.cn



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