Un mois après les faits, l’automobiliste blessé par balles en fuyant un contrôle de police à Stains affirme sur BFM TV avoir cru à une agression car les agents ne portaient pas de signes distinctifs. Son avocat avance même que ces derniers ont «tenté de voler des choses dans le véhicule».

«C’est pas des policiers, c’est des délinquants», affirme sur BFM TV le trentenaire qui s’est fait tirer dessus à huit reprises par les forces de l’ordre, après qu’il a tenté de leur échapper. Les faits se sont déroulés dans la nuit du 15 au 16 août sur le boulevard Maxime Gorky à Stains (Seine-Saint-Denis). L’homme assure avoir cru à une agression, sans savoir qu’il s’agissait de policiers, ce qui l’a poussé à fuir.

«Je pensais être en train de me faire agresser, et comme je ne vois pas de brassard de police, de plaque, tout ce qui est distinctif de leur métier, je ne pense pas à eux», témoigne-t-il auprès de la chaîne.

Les agents étaient en civil à ce moment-là, mais lui a cru à «des jeunes, des voleurs, des agresseurs» qui s’apprêtaient à faire un «car jacking».

Comme le montrait la vidéo prise par un autre automobiliste ayant largement tourné sur les réseaux sociaux, le conducteur a alors fait marche arrière, touchant l’un des policiers, avant de se lancer en avant pour prendre la fuite, emportant sur plusieurs mètres un autre fonctionnaire agrippé au véhicule. «Après tout est flou dans ma tête», assure-t-il. À ce moment-là, il était accompagné de sa petite amie qui dormait sur sa banquette arrière.

L’homme a reçu cinq balles au niveau du bras. À l’hôpital, après deux jours de coma, il a refusé de se faire amputer. Les médecins lui ont finalement installé des broches car «plusieurs balles ont explosé avec l’os» et n’ont pas pu être enlevées. Il a obtenu 45 jours d’ITT, précise BFM TV. La femme, touchée au dos et à plusieurs organes, en a reçu 100.

«Ils ont tenté de voler des choses»

Son avocat, Me Yassine Bouzrou, avance une autre théorie: «ces individus, qui ne sont pas des policiers à ce moment-là car ils n’ont pas de brassard, ont tenté de voler des choses dans le véhicule de mon client». Son hypothèse se base sur la fameuse vidéo, laquelle montre, selon lui, un policier tenter d’extirper un sac de la voiture.

«Ils n’ont pas réussi à accomplir leur acte, ils ont décidé de vider leur chargeur sur mon client et son amie», ajoute-t-il au micro de la chaîne.

Le conducteur blessé a déposé plainte pour tentative d’homicide volontaire. «Je ne sais pas ce qui leur est passé par la tête pour en arriver à vider leurs chargeurs sur moi. J’espère qu’ils assumeront», conclut-il. Lui-même est poursuivi pour «refus d’obtempérer» et «tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique».

Version des policiers

Fait rare, la préfecture de police a exposé sa version au lendemain des faits en vidéo sur les réseaux sociaux. La porte-parole Laëtitia Vallar y décrit ce «refus d’obtempérer» durant lequel «les policiers ont fait usage de leur arme administrative». Elle précise ensuite que les deux personnes dans le véhicule ont été hospitalisées avec un «pronostic vital engagé», et que les deux agents blessés ont également été transportés à l’hôpital.

Dans la foulée, ces derniers ont été placés en garde à vue pour «tentative d’homicide volontaire» avant d’être libérés le lendemain, le 17 août. Le parquet a écarté «l’intention d’homicide». Une semaine plus tard, une information judiciaire a été ouverte pour «violences volontaires avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique», ce qui ne les a pas empêchés de continuer à exercer leur métier, avait rapporté Le Parisien.

L’avocat des deux policiers concernés, Me Laurent-Franck Liénard, précise que le conducteur roulait «en faisant des slaloms, avec une vitesse excessive». «Mes clients ont subi une violence inouïe, soudaine et incompréhensible», s’indigne-t-il sur BFM TV, assurant qu’ils n’ont «jamais sorti leur arme ni tiré sur quelqu’un». Il demande finalement à ne pas «considérer ces personnes qui prennent tous les risques avec leur voiture comme des victimes» car elles «sont à l’origine de la violence qu’elles déclenchent».





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