Les pays d’Amérique du Sud enregistrent depuis plusieurs semaines un afflux massif des vaccins anti-Covid qui explique, dans une grande mesure, la baisse notable des cas d’infections dans le sous-continent.

Un décompte réalisé par la Maghreb Arabe Presse fait ressortir que plus de 400 millions de doses ont été administrées par 10 pays d’Amérique latine, dont la moitié par le Brésil.

Les départements de la santé des pays d’Amérique du Sud sont unanimes à souligner que la baisse remarquable des infections est due à une campagne de vaccination menée au pas forcée dans l’immense majorité des pays.

Le cas de l’Équateur reste emblématique dans la région. Ce pays a réussi à lever le pari de vacciner au cours des 100 premiers jours du mandat du nouveau Président Guillermo Lasso plus de neuf millions de personnes.

Depuis la prise de fonction du Président Lasso, le 24 mai dernier, l’Équateur est parvenu à inverser l’image de l’un des pays ayant le taux de vaccination le plus bas de la région, pour atteindre le peloton de tête des pays qui ont vacciné la grande majorité de leur population, composé du Chili et de l’Uruguay.

Le plan «9/100» a donné le coup d’envoi du «plus grand mouvement social que l’Équateur ait jamais connu, dans lequel plus de 320 millions de dollars ont été investis pour l’acquisition» de différentes marques de vaccins, se félicitait début septembre la ministre équatorienne de la Santé, Ximena Garzon.

En Argentine, plus de 60 millions de doses ont été livrées dans le cadre de la plus dense opération d’acquisition de vaccins jamais réalisée dans ce pays.

C’est un véritable ballet aérien qui a été mis en branle par le gouvernement et qui a permis de livrer à partir des quatre coins du monde cette quantité de doses, composé essentiellement des marques Spoutnik, Sinopharm et AstraZeneca, et dans une moindre mesure Pfizer.

Buenos Aires est également parvenu à produire localement des vaccins Spoutnik grâce à un accord avec la Russie.

Malgré quelques retards enregistrés dans l’application de la deuxième dose du vaccin Spoutnik pour six millions de personnes, l’Argentine a réussi à vacciner 40% de sa population avec deux doses, soit 18,7 millions de personnes sur les 45 millions que compte le pays.

Au Brésil, la situation actuelle tranche avec l’image d’un pays complètement dépassé par la pandémie qu’il affichait en mars et avril derniers.

La baisse notable des contaminations est due essentiellement à la campagne de vaccination aux allures martiales appliquée par le géant sud-américain aux 212 millions d’habitants.

Dans le petit voisin, l’Uruguay, aux trois millions d’habitants, la situation est tellement maîtrisée que les autorités ont ouvert les frontières devant les touristes vaccinés ayant une propriété immobilière dans ce pays.

L’Uruguay a été le premier pays à avoir vacciné 80% de sa population avec deux doses et entamé l’application d’une troisième dose aux catégories vulnérables.

En termes de campagne de vaccination, le Chili offre l’image, qui est loin d’être usurpée, du premier de la classe en Amérique du Sud. Une image longtemps enviée lorsque la pandémie frappait très fort la majorité des pays de la région.

La moyenne des infections quotidiennes ne dépasse guère 400 cas, ce qui pousse les autorités à lever bientôt les restrictions en vigueur jusqu’à présent et qui ne «sont plus nécessaires» grâce à l’amélioration de la situation épidémiologique, selon le ministère de la Santé.

Le Paraguay, longtemps classé en bas de l’échelle des pays qui vaccinaient le moins, a pu remonter la pente au cours des dernières semaines grâce à des livraisons massives de doses dans le cadre du mécanisme COVAX de l’Organisation mondiale de la santé, ce qui lui a permis de vacciner quatre millions de personnes, sur une population totale de sept millions d’âmes.

Toutefois, la situation au Venezuela se trouve aux antipodes du bond réalisé par ses voisins immédiats. Le pays peine à assurer les équipements de réfrigération nécessaire pour la conservation des vaccins anti-Covid. L’UNICEF a épinglé récemment Caracas pour sa faible capacité à conserver les doses qu’il reçoit. Cette lacune se traduit par le faible taux de vaccination de la population vénézuélienne qui ne dépassait pas, fin août dernier, 11,76 % de la population, soit à peine 3,3 millions de personnes des 28 millions d’âmes dans le pays.

Quatre mois après la déferlante de la deuxième vague qui a taxé l’Amérique du Sud comme la région la plus touchée par la pandémie, les pays de la région se relèvent rapidement de l’impact de cette vague, avec des taux de contamination nettement en baisse et une flexibilisation marquée des mesures restrictives qui ont malmené les économies de ces pays.





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