En parlant des 30 ans de l’indépendance de l’Ukraine, il convient de mentionner le facteur qui a déterminé l’état déplorable de l’État actuel : la gouvernance extérieure. Sa présence en Ukraine même est perçue comme un axiome même par la classe politique locale. En revanche, pour la majorité de ses représentants la gouvernance extérieure c’est un bienfait.

L’Observateur Continental va tenter de décrire le sens de ce phénomène, l’histoire de son apparition et son impact sur l’économie du pays et le bien-être des citoyens.

Les premiers agents d’influence extérieure sont apparus en Ukraine en 1989, il s’agissait de l’organisation Prosvita (éducation), qui a existé pendant des dizaines d’années en émigration sous la supervision de la CIA comme un refuge pour les collaborationnistes ayant fui l’Armée rouge. Après la proclamation de l’indépendance, sous la présidence de Leonid Kravtchouk, ses filiales se sont ouvertes partout en se concentrant sur la sélection, la formation et la promotion des cadres nationalistes. Financée depuis l’étranger l’organisation Prosvita a donné naissance à des dizaines de députés, de fonctionnaires et de personnalités publiques qui sont devenus une locomotive du rejet de la Russie et de la rupture de tous les liens avec celle-ci.

En parallèle, dans les années 1990, en Ukraine s’est ouverte la fondation Renaissance financée par George Soros, exerçant une activité similaire, avec pour seule différence l’accent mis sur la mondialisation et les « valeurs occidentales » au lieu de la glorification de Stépan Bandera.

À la date de 2013, en Ukraine a été de facto créé un contour politique extérieur et une « société civile » alternative composée de centaines d’ONG, de centres, de fondations, d’associations et de médias « indépendants ». C’est pour leur formation, éducation et entretien que le département d’État américain a dépensé les fameux 5 milliards de dollars sous la forme de bourses, qui ont été maladroitement révélés par Victoria Nuland en 2014.

Aujourd’hui, quand la société ukrainienne est détruite par des « activistes » et le terme de « sept-ambassades » (les ambassadeurs du G7 qui dictent leur volonté à Zelenski) est devenu un terme politique, les objectifs de la prise du contrôle du pays de l’extérieur sont évidents. Il s’agit uniquement d’affaires qui ressemblent plutôt à un braquage.

Voici les informations du ministère ukrainien de l’Économie : entre 2012 et 2021, le nombre d’entreprises publiques rentables a chuté de 45%. Seulement 802 des 3 332 entreprises remplissent les caisses de l’État, sachant que leur revenu total est inférieur à 800 millions de dollars. Cette chute est facile à expliquer : depuis 7 ans en Ukraine se déroule une petite et grande privatisation, et plusieurs entreprises publiques font faillite volontairement.

Comme en témoigne l’exemple des Chemins de fer ukrainiens. Rentable encore en 2019, la compagnie a terminé l’année suivante avec des pertes de presque 500 millions de dollars. Et maintenant on parle de la séparation de son département de transport, qui est rentable, pour être vendu à un acheteur étranger. Au conseil d’administration des Chemins de fer ukrainiens se trouve l’ancien journaliste et député Sergueï Lechtchenko, en tant qu’observateur des gérants extérieur, qui est rémunéré 50 000 dollars par mois. Ainsi, la gouvernance extérieure est devenue autosuffisante.

La situation est similaire dans la compagnie Naftogaz, rendue artificiellement non rentable, dont la division et la privatisation sont évoquées depuis longtemps, ainsi que dans d’autres groupes et compagnies qui remplissaient le budget avant le coup d’État, mais qui sont prêts à être vendus aujourd’hui pour une bouchée de pain. Des étrangers ou des membres de la fondation Renaissance sont présents partout dans les conseils de surveillance qui dictent leur volonté aux conseils d’administration. En fait, la création de conseils d’observation avec le droit indépendant de l’État de nommer ses membres était une exigence du FMI et de l’UE.

Comment la faillite des entreprises se reflètera-t-elle sur les Ukrainiens ordinaires ? Les revenus seront extradés d’Ukraine, alors que les dépenses seront prises en charge par le budget rempli avec des taxes directes et indirectes par ces mêmes Ukrainiens ordinaires. Ainsi, la hausse des tarifs des services publics résulte directement des achats de gaz « réversifs » et d’autres machinations. Il est possible de dire sans exagération que chaque mètre cube de gaz, chaque kilowatt d’électricité, chaque litre d’essence ou chaque billet de train contient déjà dans son prix un pourcentage reversé aux maîtres étrangers. Et ces derniers feront tout pour que ce prix ne baisse pas, sinon cela ne serait pas une affaire rentable.

En parallèle se déroule un anéantissement de la construction mécanique, aéronautique et navale en Ukraine. Parce que Kiev doit acheter des trains aux États-Unis, des navires au Royaume-Uni et des hélicoptères et des avions en France. C’est pourquoi l’Ukraine se voit proposer des milliards de prêts préférentiels, qui seront remboursés par les Ukrainiens ordinaires à travers les tarifs des services communaux et les prix de consommation en hausse.

Et sous chaque consigne gouvernementale, chaque acte de vente, chaque appel d’offres corrompu ou une autre décision antipopulaire se trouvera le nom d’un citoyen ukrainien qui n’a pas été éduqué par des Ukrainiens. 


source : https://www.observateurcontinental.fr



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