L’avertissement de Heinrich Heine prononcé il y a près de deux cent ans est aujourd’hui gravé sur une plaque près du monument souterrain érigé à Berlin en souvenir des auteurs de tous les livres brûlés lors du gigantesque autodafé nazi en 1933.

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Berlin 1933. On brûlait des livres la-bas aussi

Empêcher les mots et les images de circuler, c’est encore et encore tenter d’assassiner la liberté. L’obscurantisme, l’extrémisme, le totalitarisme, le fondamentalisme et l’indigénisme font le lit de la tyrannie. La preuve par le CSCP en Ontario. Jusqu’à quand, le ventre sera-t-il toujours fécond, d’où a surgi la bête immonde ?

Un groupe scolaire francophone de l’Ontario a annoncé avoir amendé son projet polémique visant à retirer des écoles et brûler des livres jugés offensants pour les populations autochtones.

À la suite de la controverse liée à la décision d’écoles de la province de l’Ontario de procéder à la destruction de milliers de livres qualifiés de néfastes pour les populations autochtones, le Conseil scolaire catholique Providence (CSCP) annonce la révision de son processus de retrait d’ouvrages et la suspension de son projet de cérémonies dans lesquels les livres concernés sont brûlés.

Selon Radio Canada, près de 200 livres dont le contenu était encore à évaluer échappent – pour le moment – à une éventuelle destruction. Parmi eux se trouvent des albums de Tintin (L’Oreille cassée, Tintin et les Picaros), huit BD de Lucky Luke et un livre issu du film Avatar.

Les révélations de Radio Canada selon lesquelles la « gardienne du savoir » autochtone qui a accompagné le CSCP – une commission scolaire francophone regroupant 23 écoles primaires et 7 écoles secondaires – n’était en fait pas amérindienne aurait accéléré cette décision. La porte-parole du CSCP, Lyne Cosette, s’est exprimé sur la situation en ces termes :

« Nous sommes profondément troublés et inquiets », écrit la porte-parole du CSC Providence, Lyne Cossette. « Nous avions la certitude que Suzy Kies était de descendance autochtone […] Nous nous étions fiés à sa parole […] Ces révélations nous poussent à entreprendre une nouvelle réflexion sur notre processus de refonte. En ce sens, nous mettons sous révision notre processus et mettons sur pause l’ensemble du projet Redonnons à Mère Terre.»

Une « purification par la flamme » lors de « cérémonies de réconciliation »

Le projet Redonnons à Mère Terre consistait à organiser dans les école une « cérémonie de réconciliation » lors de laquelle une trentaine de livres seraient brûlés – Suzy Kies aurait évoqué une « purification par la flamme », toujours selon le média canadien – et leurs cendres utilisées comme engrais pour planter un arbre. Une seule de ces cérémonies a pour le moment eu lieu, en 2019, les autres avaient été reportées en raison de la pandémie de Covid-19.

Le 7 septembre, Radio-Canada avait rapporté que plus de 4 000 livres avaient été retirés des bibliothèques du CSCP. « Au total 4 716 livres ont été retirés des bibliothèques du conseil scolaire, dans 30 écoles, soit une moyenne de 157 livres par école […] Ils ont été jetés, certains brûlés et enterrés », a relaté la radio canadienne, qui évoquait « une grande épuration littéraire » et selon qui l’objectif visé serait celui d’« une réconciliation avec les Premières Nations ».



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