TRIBUNE – “Historiquement les choses les plus terribles, guerres, génocides, esclavages etc… ne sont pas issues de la désobéissance mais de l’obéissance” a écrit l’historien et politologue américain Howard Zinn.

Heureusement, depuis toujours, il y a dans le monde des hommes et des femmes qui ont su dire “non”. Ces figures fortes, engagées dans des combats au service des valeurs  démocratiques et de l’humanisme ont un point commun : elles ont eu le courage de ne pas accepter l’infamie, faisant triompher la liberté, la justice ou simplement un pan d’humanité.

Ici l’infamie, c’est le passe sanitaire (pas le vaccin qui est un autre sujet) dénoncé par Jean-Pierre Luminet qui renonce à ouvrir la conférence de la Société Astronomique de France, après avoir appris que seules les personnes munies de ce “laisser-passer” pourraient entrer dans l’enceinte du Conservatoire National des Arts et Métiers. Il devait également recevoir le prix Janssen 2021 qui lui a été attribué, un prix qu’il accepte mais qu’il ne viendra pas chercher.

Un citoyen averti ne peut être dupe de ces mesures liberticides et cet esprit éclairé a bien compris “l’instrumentalisation politique de la situation sanitaire”. Aussi écrit-il: “tant que cette monstruosité liberticide perdurera, je renoncerai à tout voyage en train ou avion, dussè-je en pâtir pour mes activités professionnelle”.

En d’autres temps, ils auraient été beaucoup plus nombreux à pétitionner, à manifester, à prendre la parole sur toutes les estrades. Est-ce le signe de l’épuisement d’une nation ? Difficile de répondre à cette question, mais en ces temps d’effondrement des libertés publiques, où l’État ne laisse plus l’individu assurer le plein développement de ses facultés, ils ne sont pas très nombreux pour la promotion de l’idée universelle. Pourtant avec l’instauration de ce pass de la honte, c’est toute la conception du rôle de l’État né avec le rationalisme de la philosophie des “Lumières” qui s’effondre et avec lui, la garantie des droits individuels supérieurs.

Il est d’ailleurs étonnant de constater que la plupart des scientifiques, intellectuels ou politiques qui s’indignaient des propos de Jean-Marie Le Pen lorsqu’il souhaitait isoler les malades du sida applaudissent aujourd’hui ces mesures qui portent gravement atteinte aux libertés.

Aujourd’hui, plus que jamais, nous aurions besoin d’un débat public éclairé. Or les récentes attaques médiatiques dont ont été victimes ceux qui osaient avoir une position scientifique ou intellectuelle différente, ont montré combien ce débat est cadenassé pour éviter l’irruption de toute opinion contraire à la pensée dominante. Et il est triste de constater que dans un moment de l’Histoire traversé par des situations d’une extrême complexité, qui devraient inciter à des efforts d’analyse prenant en compte une multitude d’éléments, l’immense majorité de la classe politique, médiatique et intellectuelle, a décidé de réduire ses réponses à des choix binaires instaurant de fait une ségrégation entre les citoyens.

Durant ces dernières semaines, nous avons vu se succéder des tribunes avec un vocabulaire digne de l’inquisition ou de l’union soviétique des années 30 à l’endroit des gens qui se questionnent légitimement sur les mesures de privation de libertés qui s’abattent sur ceux qui ne veulent pas obéir à des directives iniques.

Aussi sommes-nous sensibles à ce texte de Jean-Pierre Luminet mais également à l’appel du groupe Antigone qu’il a signé aux côtés d’autres intellectuels, scientifiques, artistes, universitaires dont le sociologue Michel Maffesoli, espérant que ces textes ne sont qu’un prélude à l’avènement d’un mouvement de résistance beaucoup plus large.





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