Elle a “les fondations”, elle a “les valeurs”, elle a “l’équipe”. “Rien” n’empêche plus Anne Hidalgo d’annoncer sa candidature à la présidentielle, comme elle l’a dit aux journées parlementaires du PS à Montpellier. Ce devrait être pour dimanche, assure son entourage.

“Il faut des fondations”, a expliqué la maire de Paris devant les parlementaires. “On est à un moment où je n’ai pas déclaré ma candidature, ce n’est ni de l’hésitation, ni de la coquetterie. On ne peut rien faire de grand si on ne s’assure pas qu’on a les fondations, ces points d’accords pour être capables de parler au pays. Je crois qu’aujourd’hui, cette capacité on l’a”, a-t-elle poursuivi, alors que bruissent depuis plusieurs jours les rumeurs d’une déclaration imminente.

“Qu’est ce qui vous empêche aujourd’hui de vous déclarer?”, demande une journaliste. “Rien”, répond Anne Hidalgo. Elle devrait le faire lors d’un déplacement en province dimanche, avant un journal télévisé le soir, selon son entourage.

Après avoir rassemblé en juillet dernier à Villeurbanne son “équipe de France des maires et élus locaux”, avec lesquels elle compte bâtir son programme, puis les militants socialistes à Blois lors des journées d’été du PS en août, elle avait rendez-vous avec quelque 80 députés, sénateurs et parlementaires européens socialistes à Montpellier, dont elle a salué le travail dans les groupes parlementaires, qui vont “nourrir la perspective de ce grand rendez-vous démocratique” qu’est la présidentielle.

Elle a défendu l”équipe” qui l’entoure, des élus, comme le maire de Montpellier Michael Delafosse, qui “ont une connaissance intime de ce qu’est la vie des gens”, une “génération d’élus issus des classes moyennes, des catégories populaires ou de l’immigration”, comme elle, et “incarne” “la promesse républicaine”.

Pendant près d’une heure et demie d’échange, elle a présenté les bases de son projet: remettre les bases de l’école au coeur des promesses républicaines, repenser la question du travail et les nouvelles protections à apporter, décentraliser davantage et redonner de l’autonomie aux collectivités, retrouver le leadership européen en matière de transition écologique… Elle s’est dite aussi favorable au droit de vote à 16 ans et au revenu minimum jeunesse, mais “pas pour une VIe République”.

“La transition écologique, la transformation de notre modèle économique et énergétique, c’est l’enjeu numéro 1, mais il faut que cette transition écologique ne se fasse pas au détriment des classes moyennes et des catégories populaires”, a-t-elle insisté, estimant que “pour cela il faudra mettre le paquet, tous les moyens. Les cinq ans qui viennent sont décisifs”.

Elle a promis “des propositions fortes, crédibles, qui font rêver mais qui peuvent être mises en oeuvre”. “On sait qu’en politique rien n’est écrit d’avance”, a-t-elle ajouté, estimant “être en capacité de rassurer les Français mais aussi de les surprendre”.

La présidente du groupe socialistes et apparentés à l’Assemblée nationale Valérie Rabault et le chef du groupe socialistes, écologistes et républicains au Sénat Patrick Kanner avaient un peu plus tôt réaffirmé leur soutien à la maire de Paris, en présence de Michaël Delafosse et de la présidente de la région Occitanie Carole Delga.

“Vivement qu’on puisse entrer pleinement dans l’action”, a déclaré la députée de Tarn-et-Garonne Valérie Rabault, souhaitant que la “course de fond” qui commence soit “une rampe de lancement” pour donner une majorité de gauche aux législatives de juin 2022.

Pour le sénateur et ancien ministre des Sports Patrick Kanner, cette rencontre avec les parlementaires était l’occasion d’entendre Anne Hidalgo “fixer le cap” et “dire l’espoir”.

D’autres étapes jalonnent encore le chemin d’Anne Hidalgo: la sortie de son livre “une femme Française” le 15 septembre et le congrès du PS les 18 et 19 septembre.

Un vote interne des militants socialistes, promis par le premier secrétaire Olivier Faure, interviendra après le congrès et permettra de la départager de ses potentiels concurrents, dont le maire du Mans Stephane Le Foll.

Anne Hidalgo n’est pour l’instant créditée que de 7 à 9% des voix selon les sondages, mais ses soutiens, Olivier Faure en tête, affirme que “le match n’est pas joué”.

“On a une chance de gagner”, assure le sénateur Rémi Féraud, proche de la maire de Paris, qui prévient: Anne Hidalgo est “une bête de campagne”.





-source-

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *