2 septembre 2021 à 08h59,
Mis à jour le 3 septembre 2021 à 15h21

Durée de lecture : 4 minutes

Climat
Monde

La carte des catastrophes naturelles survenues cet été, publiée samedi 28 août sur Reporterre, l’illustre tristement. Sécheresses, mégafeux, inondations, ouragans… Alors que le réchauffement climatique s’accélère, il ne se passe plus une journée sans que la presse internationale rapporte une nouvelle calamité climatique. Et pour cause : leur nombre a dramatiquement augmenté ces cinquante dernières années.

Telle est la conclusion de l’Atlas de la mortalité et des pertes économiques dues aux phénomènes météorologiques, climatiques et hydriques extrêmes (1970-2019), dévoilé mardi 31 août par l’Organisation météorologique mondiale (OMM), une agence de l’Organisation des Nations unies (ONU). Selon ce rapport, plus de 11 000 catastrophes d’origine météorologique, climatique ou hydrique ont été recensées ces cinquante dernières années (de 1970 à 2012)— une par jour en moyenne. Elles ont causé plus de deux millions de morts (115 décès chaque jour en moyenne, 45 % des décès enregistrés sur la période) et 3 640 milliards de dollars de dégâts (202 millions de dollars quotidiens de dégâts en moyenne, 74 % des pertes économiques signalées sur la période).


L’Atlas de la mortalité et des pertes économiques dues aux phénomènes météorologiques, climatiques et hydriques extrêmes (1970-2019) (en anglais).

Les événements climatiques les plus meurtriers ont été les sécheresses — 650 000 décès — suivies des tempêtes — 577 232 décès —, des inondations — 58 700 décès — et des températures extrêmes — 55 736 décès. Plus de 91 % de ces morts sont survenues dans des pays en développement. La mortalité liée à ces événements baisse toutefois de manière tendancielle, souligne le rapport : le nombre de décès, qui s’élevait à 50 000 pour la décennie 1970-1979, a été quasiment divisé par trois à moins de 20 000 pour la décennie 2010-2019.

« L’amélioration des systèmes d’alerte se traduit par une réduction considérable de la mortalité »

« L’amélioration des systèmes d’alerte précoce multidangers se traduit par une réduction considérable de la mortalité, s’est réjoui le secrétaire général de l’OMM Petteri Taalas. Nous sommes simplement mieux armés que jamais pour épargner des vies. »

Cette lueur d’espoir a été accueillie avec prudence par le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophes (UNDRR), convié à la conférence de presse de lancement de l’Atlas ce mercredi 1er septembre à Genève. « La mauvaise nouvelle, c’est que ces événements provoquent des déplacements et des catastrophes », a rappelé Mami Mizutori, représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU pour la réduction des risques de catastrophes. « Les systèmes d’alerte précoce ne suffiront pas à sauver des vies, les infrastructures résilientes aux catastrophes sont également essentielles », a-t-elle encore déclaré. Seule la moitié des 193 États membres de l’OMM disposent de systèmes d’alerte ; et les réseaux d’observation météorologique et hydrologique d’Afrique, de certaines zones d’Amérique latine et d’États insulaires du Pacifique et des Caraïbes présentent encore des dysfonctionnements.

Tableau – Les dix pires catastrophes en termes de décès (Drought : sécheresse, storm : tempête, flood : inondation) – Crédit OMM (Atlas)

Quant aux dégâts matériels, ils explosent. Leur coût a été multiplié par sept entre les années 1970 et les années 2010. Les tempêtes sont les causes des pertes économiques les plus fréquentes et les plus graves, et leurs ravages croissent, interpelle le rapport. Ainsi, les trois catastrophes les plus coûteuses de la période ont été les ouragans Katrina (1 800 morts, 163,6 milliards de dollars soit 138 milliards d’euros), Harvey (81,5 milliards d’euros) et Maria (58,5 milliards). L’ouragan Ida, qui a dévasté la Louisiane ce week-end, pourrait s’avérer plus coûteux encore, a indiqué Petteri Taalas mercredi 1er septembre. Une estimation finale devrait être rendue d’ici la fin du mois.

Il y a onze ans, la Russie subissait une canicule dévastatrice (55 000 morts), à l’origine de feux de forêt. Moscou, août 2010. Wikimedia / CC BY 2.0 / Artem Svetlov

L’Organisation météorologique mondiale n’est guère optimiste pour la suite. « Les phénomènes météorologiques, climatiques et hydrologiques extrêmes sont de plus en plus nombreux et deviendront plus fréquents et plus graves dans de nombreuses régions du monde en raison du changement climatique, selon Petteri Taalas. Cela signifie davantage de vagues de chaleur, de sécheresses et de feux de forêt, comme ceux que nous avons observés récemment en Europe et en Amérique du Nord. » Lundi 9 août, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) a dévoilé son rapport sur l’état des connaissances sur le changement climatique, qui prévoit une multiplication à venir des événements climatiques extrêmes.

« Le nombre de personnes exposées aux risques de catastrophes augmente en raison de la croissance démographique dans les zones exposées aux risques et de l’intensité et de la fréquence croissantes des phénomènes météorologiques. Une coopération internationale accrue est nécessaire pour s’attaquer au problème chronique du déplacement d’un nombre considérable de personnes chaque année à cause des inondations, des tempêtes et de la sécheresse », a pour sa part réagi Mami Mizaturi.

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