Source La Relève et la Peste

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Sans approche spécifique pour les substances naturelles, à terme, les huiles essentielles pourraient être remplacées par des huiles de synthèse auxquelles on aura ôté les molécules suspectes. Ces produits de laboratoire seraient jugés inoffensifs alors qu’ils sont dérivés du pétrole et ont un coût environnemental très fort.

Chez les producteurs de plantes aromatiques et d’huiles essentielles, l’inquiétude est à son comble : un projet de réglementation européenne pourrait classer, d’ici 2025, la plupart de ces produits naturels comme « substances dangereuses ». L’ensemble de la filière serait menacé.

Amalgame entre composés chimiques de synthèse et produits naturels

Lavande, thym, romarin, sauge, camomille, menthe, reine des prés… Et si les herbes aromatiques et leurs dérivés, huiles, parfums, savons, étaient un beau jour assimilés à des produits dangereux pour la santé, au même titre que certains composés chimiques de synthèse ?

C’est ce que redoute la filière française des huiles essentielles, qui s’alarme d’un nouveau projet de règlementation dans les tuyaux de la Commission.

À l’origine de ces inquiétudes : le Pacte vert européen (European Green Deal). Initiée en 2019, cette transformation législative colossale, censée permettre à l’Union d’atteindre la neutralité climatique en 2050, comporte « une nouvelle stratégie pour la durabilité dans le domaine des produits chimiques », avec comme objectif environnemental le « zéro pollution ».

Au programme : une révision complète et un renforcement des règlements CLP, relatif à la classification, à l’étiquetage et à l’emballage des substances chimiques et REACH, qui les évalue, contrôle leur importation et leur mise sur le marché.

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La Commission européenne souhaite plus précisément classifier, selon des critères de nocivité (allergènes, mutagènes, cancérigènes, reprotoxiques), toutes les molécules chimiques utilisées dans les produits de consommation, en tenant compte de l’effet cocktail de certains assemblages.

Un processus de classification « plus simple », qu’elle nomme « une substance, une évaluation », permettrait d’après elle d’éviter un examen de chaque nouveau produit commercialisé et d’éliminer progressivement les molécules les plus dangereuses, telles que les per- et polyfluoroalkylés (PFAS).

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