Prendre le TER ou le TGV gratuitement est un des avantages dont bénéficient les cheminots. Un avantage qui pourrait vivre ses dernières heures si l’on en croit les conclusions d’un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) et de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS).

À l’heure de l’ouverture à la concurrence prévue en 2023, on s’active en coulisses et le gouvernement réfléchit déjà à plusieurs scénarios, selon Le Figaro. En effet,l’épineuse question des facilités de circulation des agents n’a pas encore été tranchée au moment de l’adoption du nouveau pacte ferroviaire en 2018. Qu’adviendra-t-il des agents SNCF qui seront partis travailler chez la concurrence? Quid des facilités de circulation sur des lignes attribuées à la concurrence? Des négociations démarreront la semaine prochaine entre les syndicats et l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP).

Quatre scénarios à l’étude

Selon un rapport de l’IGF et de l’IGAS que s’est procuré Le Figaro, quatre scénarios sont sur la table. Et une mauvaise nouvelle est en vue pour les cheminots puisque trois d’entre eux proposent de réduire ces avantages.

Le premier envisage la suppression des avantages pour les parents d’un agent transféré à un autre opérateur et verrait la réduction sur le prix des billets baisser de 90 à 30% pour les enfants et conjoints de cheminots.

Le second scénario prévoit de supprimer les avantages sur les lignes gérées par la concurrence pour les cheminots transférés.

Le troisième songe à supprimer les billets gratuits pour les agents transférés à la concurrence et à leur verser à la place une indemnité compensatoire.

Enfin, le dernier scénario est évidemment plébiscité par les partenaires sociaux puisqu’il propose d’étendre les facilités de circulation à tous les nouveaux opérateurs ferroviaires.

Par ailleurs, le même rapport indique que 1,1 million de personnes bénéficient de facilités de circulation (328.114 agents actifs et retraités, 786.692 ayant droit en 2020) et qu’en moyenne un agent dépense 404 euros de billets gratuits où à prix réduit, ce qui représente un coût de 105 millions d’euros pour la SNCF chaque année.

Des réactions contrastées

Le ministre des Transports Jean Baptiste Djebbari a affirmé le 3 septembre au micro de RMC être d’accord pour que les cheminots gardent leurs avantages en nature, soulignant cependant que le périmètre d’application est très large à la SNCF et que les discussions seront entamées avec les partenaires sociaux sur la base de ce rapport.

Le journaliste Périco Legasse a quant à lui fait part dans l’émission Estelle Midi de son opposition à la suppression des facilités de circulation pour les cheminots. Il préfère pointer la tarification des trains et les conditions de réservation des TGV qui sont épouvantables, selon ses dires.

Enfin, le syndicaliste Sud Rail Fabien Villedieu affirme de son côté qu’il ne devrait même pas à y avoir de débats puisque ces billets gratuits sont financés intégralement par la SNCF.

Quelle est l’origine de ces avantages?

Pour trouver trace des premiers avantages accordés aux cheminots, il faut remonter à 1917 quand Albert Claveville, ministre des Travaux publics décide d’octroyer des avantages pour services rendus à la nation lors de la Première Guerre mondiale via un statut particulier.

Il avait à vrai dire déjà réfléchi à la mise en place d’un statut spécifique dès 1912. Ce statut sera imposé en 1920 contre l’avis des différentes compagnies privées de l’époque avant d’être remplacé par une convention collective en 1938. Il faudra attendre 1950 pour voir le statut réapparaître qui perdurera sous cette nouvelle forme jusqu’en 2018.

Quant aux facilités de circulation accordées aux cheminots ainsi qu’à leur famille, c’était à l’origine pour faciliter la mobilité professionnelle de l’employé. Hors, la société française a évolué, et les cheminots avec. L’image du cheminot vivant dans un logement social fourni par la SNCF et où seul le mari travaille est aujourd’hui révolue. À cela s’ajoutent les différentes réformes du rail qui ont été menées dans les années 1980 et 1990, qui ont commencé à raboter petit à petit ces avantages, notamment par le biais de recrutement d’agents sous contrat qui ne bénéficient pas des mêmes avantages que ceux sous statut.

Il faut dire que ces dernières années, la Cour des comptes a régulièrement épinglé la SNCF pour son système de facilités de circulation, et ce dès 2010. Aujourd’hui, pour bénéficier d’une facilité de circulation, il faut être agent SNCF, ce qui donne le droit aux trains régionaux gratuits, mais aussi à huit réservations de trains gratuites par an. Si l’agent voyage beaucoup, il devra payer à partir du neuvième trajet 1,50 euro, ou 13,50 euros en période de pointe. Les parents, grands-parents et beaux-parents du cheminot ont quant à eux droit à quatre billets gratuits par an; au-delà ils doivent s’acquitter des frais de réservation de 1,50 euro, ou 13,50 euros en période de pointe. Enfin, les conjoints, concubins et enfants d’agents SNCF ont le droit à 16 billets gratuits par an; au-delà, ils doivent régler des frais de réservation de 1,50 euro, ou 13,50 euros en période de pointe, et 10% du prix du billet.

Un sujet qui risque de continuer à faire débat, alors que selon une information d’Europe 1, les policiers viennent d’obtenir de Gérald Darmanin la gratuité des voyages en train à partir de 2022.





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