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Mohsin Taasha. — De la série « Tavalod-e dobareh-ye sorkh » (La renaissance du rouge), 2020

© Mohsin Taasha – Courtesy Manuel Zoia Gallery, Milan

Jamais un pays n’aura autant mérité son surnom — le « cimetière des empires ». Après avoir chassé les Moghols et les Perses, l’Afghanistan a bouté hors de son territoire le Royaume-Uni au XIXe siècle, l’Union soviétique au XXe et les États-Unis au XXIe.

Au terme de la guerre la plus longue de leur histoire — deux décennies —, et après avoir enrôlé dans leur croisade pas moins de trente-huit pays sous le commandement de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), les États-Unis se retirent sur un fiasco absolu. Fort symboliquement, leurs troupes partent dans un sauve-qui-peut général, à l’approche du vingtième anniversaire des attentats du World Trade Center et du Pentagone, qui furent le prétexte à leur entrée dans Kaboul. Annoncé par l’ex-président Donald Trump pour mai 2021, le retrait a été mis en œuvre par M. Joseph Biden avec à peine quelques mois de retard.

Un de leurs prédécesseurs, M. George W. Bush, à l’origine de ce qui devait être une « opération-éclair », criait pourtant victoire après la chute du régime des talibans, fin 2001 : l’Amérique était vengée. Il ne restait plus qu’à construire un État (state-building) le plus conforme possible aux projets américains. Une tâche à la portée de la première puissance mondiale, qui avait su terrasser l’ennemi communiste (lire les déclarations de Zbigniew Brzezinski, « « Au moins, ils n’étaient pas communistes » ») et qui, forte de ses « valeurs démocratiques », pouvait s’arroger le rôle de défenseur en chef des libertés sur la planète. Les gouvernants du monde occidental s’étaient alors alignés.

Dix ans plus tard, M. Barack Obama, qui avait promis un désengagement, décida finalement d’envoyer des renforts (surge) pour un assaut censé être final, puis salua l’assassinat d’Oussama Ben Laden dans sa retraite pakistanaise : « Notre plus grande réussite dans notre combat contre Al-Qaida », qui « témoigne de la grandeur » des États-Unis, disait-il en ce 1er mai 2011 dans une allocution solennelle.

Neuf ans après, en février 2020, l’accord de Doha entre (…)

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