Pendant longtemps, on a complètement négligé l’importance de l’appendice, cette petite excroissance située au bout du gros intestin. Selon de nouvelles recherches, il ne serait pas l’organe inutile que l’on croit. La présence de l’appendice est, au contraire, corrélée à une plus grande longévité chez les mammifères. Il agirait comme un laboratoire à microbes qui rend le corps plus résistant aux infections.

L’appendice aide à réduire le risque de décès par infection, et donc à vivre plus longtemps

Selon une nouvelle étude publiée dans le Journal of Anatomy, la présence de l’appendice est corrélée à l’allongement de la longévité. Des chercheurs de l’Inserm et du Muséum National d’Histoire Naturelle ont analysé les données de 258 mammifères avec et sans appendice. Selon eux, la présence de l’appendice chez 39 des espèces étudiées permet le développement d’un “sanctuaire bactérien” sélectif qui favorise la recolonisation rapide des espèces bactériennes essentielles à l’hôte. Grâce à cette fonction, il est responsable de la réduction de la mortalité par diarrhée infectieuse. Les chercheurs ont donc conclu que les mammifères qui ont un appendice, ont une espérance de vie plus longue, grâce à ce petit organe. L’équipe de scientifiques, menée par le chercheur de l’Inserm Eric Ogier-Denis et son collègue Michel Laurin, du Muséum National d’Histoire Naturelle, a réalisé “la première démonstration de l’existence d’une corrélation entre la présence de l’appendice et un trait de l’histoire de vie des mammifères”, soulignent les auteurs.

Chez les humains, l’appendice peut avoir déjà accompli sa mission, même si il a été enlevé

Même dans les cas où l’appendice a été retiré suite à une appendicite, il est possible que le corps soit quand même protégé, par l’éducation du système immunitaire déjà réalisée par l’appendice. Selon les chercheurs, se faire retirer l’appendice n’affecte pas la durée de vie, car il aurait déjà accompli sa mission à un jeune âge, permettant au corps de lutter plus efficacement contre toute infection ultérieure. La colonisation bactérienne se constitue en effet dès le plus jeune âge. C’est aussi pour cette raison que d’autres recherches montrent que le régime alimentaire des enfants en bas âge peut altérer leur microbiote à vie, et donc la qualité de leur système immunitaire. L’étude ne remet donc pas en question l’intérêt de l’appendicectomie. Les chercheurs précisent que leurs conclusions n’apportent “aucun argument suggérant de modifier cette attitude thérapeutique”. « Seule l’appendicectomie réalisée sans appendicite pourrait avoir des conséquences délétères dans le contexte de pathologies inflammatoires et infectieuses intestinales », précise Eric Ogier-Denis.

L’appendice, un mystère toujours pas résolu

Grâce aux conclusions des chercheurs de l’Inserm et du Muséum National d’Histoire Naturelle, on sait maintenant que cette “petite structure anatomique de quelques centimètres, située dans l’abdomen et attachée au côlon” dont la fonction n’est pas encore clairement définie, pourrait contribuer à une augmentation de la durée de vie des mammifères. Des recherches complémentaires dans les mois à venir viseront à confirmer le lien entre appendice et longévité avec des études de terrain sur différentes espèces de mammifères.

Longue vie à l’appendice !





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