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Alors que les autorités françaises se préparent à décréter une troisième dose pour les plus fragiles, emboîtant ainsi le pas aux États-Unis et à Israël, un chercheur suisse prône plusieurs vaccinations, car le Covid restera probablement avec nous pour «le reste de notre vie».

En attendant la décision de la Haute autorité de santé, Olivier Véran a récemment déclaré qu’une troisième dose était envisagée en France pour les plus de 65 ans dès septembre. La semaine dernière, les autorités américaines ont approuvé un rappel pour ceux qui ont reçu leur deuxième injection il y a huit mois, tout comme Israël avant eux.

L’immunologiste Sai Reddy, chercheur à l’École polytechnique fédérale de Zurich, va plus loin, évoquant la possibilité de plusieurs vaccinations contre le Covid au cours de notre vie, comme c’est le cas pour la grippe saisonnière.

«Il est très probable que l’on assiste à l’émergence d’un nouveau variant contre lequel nous ne pourrons plus compter que sur la seule vaccination […]. Nous devons donc nous préparer à recevoir plusieurs vaccinations dans les années à venir, qui seront continuellement adaptées aux nouveaux variants», avance-t-il dans une interview au SonntagsBlick le 22 août.

Dans ce contexte, il prône l’immunisation des moins de 12 ans, car ils «constituent un groupe important de super-propagateurs potentiels». En ce qui concerne la dose de rappel, il estime qu’après la troisième injection, l’efficacité des vaccins contre le Delta devrait atteindre 90%.

«Ce n’est plus le Covid-19, je dirais plutôt le “Covid-21”. C’est pourquoi, oui, ceux qui choisissent de ne pas se faire vacciner finiront par attraper le virus», poursuit-il à propos des variants existants.

Des variants toujours plus dangereux

Sai Reddy prévient que les variants Beta ou Gamma, qui ne sont pas dominants dans la majorité des pays du monde, ont développé des mutations qui peuvent partiellement échapper aux anticorps. Les Bêta ou Gamma pourraient donc devenir plus infectieux et le Delta développer à son tour des mutations d’échappement, affirme-t-il. Dans ce cas, le «Covid-22 pourrait être encore pire que ce que nous vivons actuellement».

«Nous allons continuer à danser avec le virus pendant longtemps, probablement pendant des années, peut-être même pour le reste de notre vie», car le virus et le système immunitaire sont désormais étroitement liés, et si le système immunitaire bouge, le virus réagit.

Pas de consensus sur le «boost»

Le chercheur suisse est pour l’heure l’un des rares à s’exprimer en faveur d’une revaccination à plusieurs reprises contre le Covid.

Quant à une dose de rappel, l’OMS reste pour le moment inflexible: pour mieux contrer les variants, il faut d’abord procéder à la vaccination des pays dans le besoin, qui n’ont pas encore lancé leur campagne. Injecter une dose de rappel revient à «distribuer des gilets de sauvetage supplémentaires à des personnes qui en ont déjà un, pendant que nous laissons d’autres personnes se noyer sans le moindre gilet de sauvetage», lâchait le 18 août lors d’une conférence de presse le directeur des urgences à l’OMS, Mike Ryan.

En France, la communauté médicale approuve une troisième dose, mais certains mettent en garde contre la généralisation de la mesure.

Stéphane Paul, membre du comité scientifique sur les vaccins Covid-19, avance qu’à ce stade, «il n’y a pas assez d’arguments d’efficacité pour la généralisation » de la dose de rappel.

«En tant qu’immunologiste, il est difficile pour moi de me positionner sur la généralisation d’une troisième dose. Je pense que des personnes répondent moins bien au vaccin et qu’à eux, il faut proposer une troisième dose […]. Et puis est-ce que le bénéfice-risque est toujours en faveur du vaccin avec le “boost”? La réactogénicité d’une troisième dose, on ne la connaît pas encore», expose-t-il dans une interview à L’Usine nouvelle le 23 août.





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